Catalogne L’assommoir judiciaire va réveiller le désir de liberté

L’Etat espagnol a instrumentalisé son Tribunal Suprême pour essayer d’anéantir « l’esprit catalan », cette soif d’Europe et de liberté qui s’est propagée en Catalogne durant les neuf ans du « processus », depuis la décision de la Cour Constitutionnelle espagnole, en juin 2010, d’annuler le nouveau statut d’autonomie de la Catalogne, pourtant adopté par les Cortès de Madrid, et validé par le vote des Catalans lors d’un referendum. Depuis l’Etat est dans une posture de déni des revendications démocratiques du peuple catalan, et l’Espagne se barricade dans son héritage franquiste.

 

Neuf années de prison pour avoir dirigé des associations pacifiques comme Omnium Cultural ou l’Assemblée Nationale Catalane, onze années de prison pour avoir présidé la séance de l’Assemblée catalane qui a proclamé l’indépendance voulue par l’écrasante majorité de ceux qui, par millions, malgré les intimidations et la répression, ont voté lors du referendum du premier octobre 2017, de dix à treize ans de prison pour les membres du gouvernement catalan qui, de par leurs fonctions électives, ont pris la responsabilité d’organiser une consultation démocratique : le verdict du Tribunal Suprême a versé dans la démesure la plus totale. Par exemple, 10,5 années de prison ont été infligées à celle qui était Ministre de l’Education pour avoir permis que les écoles servent de salles de vote !

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Les trumperies américaines

A force d’enfiler les tweets, Donald Trump va finir par pulvériser tous les records d’inconséquence. Menteur, provocateur, et irresponsable : à la tête de la première puissance mondiale trône le plus dangereux des allumés. Le monde en sortira-t-il indemne ?

 

La dernière « trumperie » en date est l’annonce du retrait des troupes américaines du Rojava, ce territoire du nord de la Syrie contrôlé par les Kurdes, frontalier sur presque 500 km avec la Turquie. Trump venait d’avoir Erdogan au téléphone et il avait subi la colère du dictateur frustré de ne pouvoir prendre ce territoire d’assaut tant que les troupes américaines y séjournent, et que leur aviation en empêche le survol aérien, condition sine qua non d’une l’invasion par l’armée turque.

 

Quelques instants plus tard, un dimanche soir, le tweet est parti : « il est temps que nos soldats rentrent à la maison ». Le lundi les premiers mouvements de troupe confirment cet ordre qui livre sans défense les Kurdes aux troupes d’occupation promises par Erdogan. Jusqu’à ce que ce qui reste de raisonnable dans l’administration américaine, y compris dans la majorité républicaine qui a donné son investiture à Donald Trump, n’élève la voix et ne réussisse à se faire entendre. Le lundi, le Pentagone annonce le maintien de la couverture aérienne qui empêche le survol du Rojava par l’armée turque, et donc gèle toute intervention militaire au sol. Jusqu’au rétropédalage de Trump en personne qui le lundi soir menace la Turquie de représailles économiques destructrices « si elle dépasse les bornes ».

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Remerciements de François Alfonsi, député européen

Elu député européen le 26 mai dernier, je remercie les 18.944 électeurs qui ont apporté leurs suffrages à la liste écologiste conduite par Yannick Jadot où je figurais en neuvième position. Avec plus de 22% des voix, la Corse obtient le score le plus élevé réalisé par cette liste dans l’ensemble des régions françaises. Les Corses se sont reconnus largement dans la candidature que j’ai portée, au nom de Femu a Corsica, sur la liste Europe Ecologie, dans le débat européen. Dans le contexte d’un dialogue difficile avec le gouvernement, mon élection contribue à conforter notre démarche.

 

Je tiens tout particulièrement à remercier le Président du Conseil Exécutif, Gilles Simeoni, pour son engagement personnel dans la campagne, ici en Corse, et aussi auprès du mouvement écologiste et auprès de l’ensemble des composantes de Régions et Peuples Solidaires. Il a beaucoup contribué au succès obtenu.

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Européennes: Chronique d’une campagne Régions et peuples solidaires (troisième partie - Alsace et Moselle)

6 & 7 mai : Alsace et Lorraine

 

Strasbourg

 

En Alsace, il faut plus qu’ailleurs réconcilier le mouvement autonomiste avec les écologistes. L’ancienne direction alsacienne des Verts a presque disparu du paysage politique, mais ses positions très « française de l’intérieur » -comme on désigne « i pinzuti » là-bas- à l’égard d’Unser Land a laissé des traces.

 

Entre-temps, Unser Land a su se faire une place en Alsace. Ceux qui peinaient parfois à dépasser 1% ont été le fer de lance de la contestation alsacienne contre la région Grand Est, vécue comme une volonté explicite d’effacer l’Alsace de la carte des régions européennes.

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Européennes: Chronique d’une campagne Régions et Peuples Solidaires

Orange (Occitanie - Provence), le 28/03/19

 

La première étape de ma campagne a été à Orange, avec Anne Marie Hautant, vigie anti-fasciste de cette ville où l’extrême-droite a pris le pouvoir il y a très longtemps, et ne l’a plus quitté depuis. Le Maire Jacques Bompard est un avatar local de Jean Marie Le Pen : même discours raciste, même népotisme structurel, la femme mairesse de la commune voisine de Bollène, le fils conseiller général du département, etc… Et il en a adopté les pratiques d’intimidation et de violence.

 

Conseillère municipale d’opposition Anne Marie fait front. Elle affronte les intimidations, se cramponne à son siège d’élue quand les sbires municipaux veulent l’expulser manu militari de la salle du Conseil municipal, et elle continue de dénoncer sans relâche la politique débile de cette extrême-droite qui appauvrit la ville, mène une politique ultra-sécuritaire, sacrifiant tous les autres domaines, particulièrement l’action culturelle et l’action sociale, ce qui a fait au fil des ans d’Orange une ville économiquement sinistrée, mais avec un « bas de laine » bien rempli de moyens financiers que l’on refuse d’investir sauf pour alimenter un clientélisme effréné.

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Contre les langues régionales, pour la répression en Catalogne Drôle de Loiseau, la tête de liste choisie par Emmanuel Macron !

Avant d’être Ministre des Affaires Européennes, Nathalie Loiseau, tête de liste La République en Marche aux élections européennes, était la directrice de l’ENA, le saint du saint de la France macroniste et jacobine. L’avoir choisie pour porter le projet politique européen du Président de la République est en soi un signal fort. Après avoir pris position contre la ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales, voilà qu’elle s’en prend aux 41 sénateurs qui ont adressé un soutien aux dirigeants catalans emprisonnés. Une caricature de « première de cordée » dont il faut attendre le pire !

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Catalogne: les relents d’un procès stalinien

Quand les gens intègres et droits, comme le sont les membres du gouvernement catalan qui passent aujourd’hui en procès à Madrid, sont sur le banc des accusés, c’est que la justice est instrumentalisée au travers d’un procès politique. Un tel procès est une aberration en démocratie.

 

Le jeu démocratique est simple, et le précédent du referendum écossais de 2014 en éclaire les règles. La décision d’organiser le referendum d’autodétermination y a été le fruit d’une négociation entre Londres et le Scottish National Party qui avait gagné l’élection au Parlement écossais avec une majorité absolue de sièges sur la base de la revendication d’autodétermination.

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Catalunya: les urnes, la rue et le Tribunal Suprême

On savait les Catalans capables de mobiliser dans les rues de Barcelone des manifestants par centaines de milliers, et même bien plus d’un million. Ils avaient été 60.000 à Bruxelles en 2018 pour faire pression sur l’Union Européenne. Ils étaient le double ce week-end, 120.000, à Madrid, venus dire sous ses fenêtres au Tribunal Suprême que le procès en cours contre ses dirigeants était définitivement illégitime. Ce qu’Oriol Junqueras a clairement exprimé : « l’avenir de la Catalogne se décidera dans les urnes, pas au Tribunal Suprême ».

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Le Brexit vu d’Irlande

Les rebondissements successifs à Westminster, le Parlement britannique, à propos du Brexit n’en ont pas fini. Un report au 30 juin de la date initialement fixée au 29 mars pour la fin des négociations a été demandée et sera probablement acceptée. Mais, progressivement, les scénarios envisagés se précisent, et ils ne présagent pas d’un « happy end » pour le Royaume Uni. Qu’en sera-t-il pour l’Irlande ?

 

Le vote le plus important survenu à Westminster cette dernière semaine est sans doute celui, très serré, qui a rejeté l’hypothèse d’un « hard Brexit » par 312 voix contre 308. Seulement quatre voix d’écart ! Il aurait suffi de deux députés de plus choisissant de voter en faveur de la sortie sans accord de l’Union Européenne, et le sort économique et politique de l’Irlande en aurait été radicalement modifié.

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L’Algérie en quête d’avenir

Certaines situations obligent à renouveler le langage politique, tant elles échappent aux normes habituelles. C’est sans doute le cas de ce qui se passe aujourd’hui en Algérie.

Le Président sortant, Abdelaziz Bouteflika, est candidat pour un cinquième mandat consécutif malgré sa santé largement défaillante, au point de ne pouvoir prononcer un discours ou assurer une quelconque activité liée à sa charge. Cette annonce faite par le pouvoir en place a sidéré le peuple algérien qui, depuis, manifeste de façon continue et massive contre cette mascarade d’élection qui consiste à porter à la charge suprême d’un pays de 42 millions d’habitants un personnage fantoche et totalement manipulé par le cercle de pouvoir qui lui est proche.

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Elections européennes: une importance inédite

Confrontée à la déchirure du Brexit, et, d’une façon plus générale, au raidissement des Etats-nations, comme en Espagne face au dossier catalan ; menacée par la montée en puissance des forces politiques anti-européennes dans de nombreux pays, à commencer par la France ; ébranlée par les effets de la crise économique de 2008, puis par ceux de son échec face à la crise migratoire ; mise sous la pression des USA qui veulent annihiler son influence sur la scène mondiale en la divisant en deux blocs antagonistes Est/Ouest : l’Europe est confrontée à des défis colossaux dont la concomitance multiplie les effets cumulés.

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MACRON ET L’UNION EUROPÉENNE : DU PAREIL AU MÊME ?!

Gustave Alirol, président de Régions et Peuples Solidaires

La lettre d’Emmanuel Macron exposant ses propositions de relance de l’Europe aux citoyens de l’Union européenne a reçu un accueil favorable en France chez les partisans de la construction européenne.  Et elle y a mis dans l’embarras les anti-européens plus ou moins convaincus.

 

Pour l’essentiel, le président de la République a ainsi atteint l’objectif qu’il s’est fixé en interne : se poser face aux populistes comme le (seul) porteur actuel d’une vision positive de la construction européenne, le seul progressiste… et de la sorte se garantir une longueur d’avance dans la compétition électorale qui s’ouvre et qu’il a déjà largement entamée avec le « grand débat » lancé en réponse à la révolte des « gilets jaunes ».

 

Pour ce qui est de son efficacité au sein de l’Union, la réussite est loin d’être assurée. Outre qu’Emmanuel Macron y a perdu de sa superbe depuis les vicissitudes auxquelles il est confronté au plan hexagonal, son initiative risque fort d’être perçue comme une manifestation de plus de l’ « arrogance française » (ce qu’elle est d’ailleurs pour une bonne part) ; elle risque ainsi de rater l’objectif fédérateur qu’une démarche moins individuelle aurait pu avoir…

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Kurdistan Une grève de la faim oubliée et un peuple trahi

Six députés, dont Jean Félix Acquaviva, François Pupponi et Paul Molac, ont écrit au Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères Jean Yves le Drian pour l’alerter sur « la situation critique dans laquelle se trouvent plusieurs militants kurdes à Strasbourg suite à la grève de la faim qu’ils ont entamée le 17 décembre 2018 en protestation contre le régime d’isolement imposé par le pouvoir turc au leader kurde Abdullah Ocalan en violation de toutes les règles internationales ».

 

Au moment où cette lettre a été envoyée « sept des quatorze grévistes de la faim se trouv(ai)ent déjà en état critique et  le co-président des associations kurdes d’Europe a(vait) dû être hospitalisé d’urgence ».

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Paradis fiscaux, GAFA: à l’origine du grand mal-être social

La vie politique exprime l’humeur des peuples. Et, comme toute expression, elle est le résultat d’un ressenti, d’un espoir rempli ou d’un espoir déçu, d’un besoin satisfait ou non. D’où vient qu’un grand sentiment de mal-être se répand partout, aussi bien en France sur les ronds-points qu’en Italie dans les urnes, et bien au delà, aux USA, au Brésil et ailleurs ? En fait, depuis une trentaine d’années et l’emballement de la mondialisation, un système planétaire de confiscation des richesses par une élite très fortunée s’est mis en place dans des proportions jusque là jamais atteintes. Cette confiscation colossale prive les sociétés des ressources qui sont essentielles pour satisfaire leurs besoins.

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L’heure de la redistribution des cartes

La crise du système politique en Europe peut aller loin. Qui aurait dit il y a quelques mois à peine que le PS et les Républicains deviendraient des formations de second rang en France, tandis que leur glissade continue encore ? Les partis socialistes et conservateurs qui ont structuré la vie politique dans tous les pays d’Europe occidentale depuis quarante ans ont déjà disparu en Grèce, suivent le même chemin en Italie, et ce phénomène est en train de gagner la France.

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Catalogne : Le procès de la Honte !

Dans quelques jours commencera, à Madrid, le procès de la Honte. L’Espagne, sa justice et ses relents de franquisme inquisiteur vont mettre sur le banc des accusés, en violation de tous les droits fondamentaux, des hommes et une femme qui n’ont pour seul tort que d’avoir fait vivre pacifiquement la démocratie.

 

La Honte

  

Rien, rien, absolument rien ne justifie que les prisonniers politiques catalans soient aujourd’hui devant la justice et encore moins d’avoir déjà passé 10 ans (en cumulé) derrière les barreaux.

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Avec le RIC : R.I.P la démocratie ?

Les élections européennes sont bel et bien lancées. Le mouvement des ‘‘gilets jaunes’’ a mis en avant la question de la démocratie et de la transparence avec notamment le RIC. Si la démocratie directe est utile, la démocratie représentative et la démocratie sociale sont indispensables. Bref, tout est à construire, surtout en Europe. 

 

La démocratie représentative en danger

 

Le mouvement des ‘‘gilets jaunes’’ mais aussi d’autres mouvements politiques, structurés ou non, politisés ou non, souvent classés (parfois abusivement) comme ‘‘populistes’’, critiquent la démocratie représentative. Pourtant, il est difficile de leur donner totalement tort.

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La souveraineté, c’est comme la richesse, ça se partage !

Les élections européennes sont bel et bien lancées, le Rassemblement National, ex-Front National, a décidé de lancer une campagne ‘‘souverainiste’’ afin de défendre la ‘‘souveraineté française’’. Pourtant, les souverainistes ne sont pas ceux qu’on croit.

 

‘‘Le monopole de la souveraineté’’

 

Les souverainistes de droite, de gauche, d’extrême-droite ou d’extrême-gauche nous font croire que l’État (français) aurait un ‘‘monopole de la souveraineté’’. Pourtant, rien n’est plus faux ! Tout d’abord, chaque individu est maître de lui-même, souverain de son âme et de son corps.  Ce simple argument montre qu’il n’existe pas de monopole de la souveraineté. Mais allons plus loin, un couple, ou une famille, dans le cadre de sa vie privée, est souverain de ses choix dont bon nombre d’entre eux n’est soumis à aucune loi tant que le droit des individus est respecté.

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Révolte des « Gilets jaunes » : il faut une refonte en profondeur du système politique hexagonal et européen

La révolte des « Gilets jaunes » a fonctionné comme un puissant révélateur de divers dysfonctionnements de la société hexagonale. Ils étaient en réalité décelables depuis longtemps et, avec d’autres, nous avions tenté d’attirer l’attention sur eux, mais le point de vue dominant des responsables politiques, devenu sous couleur de modernité le « politiquement correct » des dernières décennies, interdisait de fait leur prise en compte.

 

Au-delà de leur diversité, voire de leurs contradictions et de certaines de leurs aberrations, en dépit même des violences inadmissibles les accompagnant, les revendications et les souffrances exprimées se ramènent à trois aspects principaux qui renvoient à trois fractures conjuguées : sociale, territoriale et politique.

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«Gilets jaunes» et référendums: le compte n’y est pas

Le référendum est l’une des principales revendications des «gilets jaunes». Rien dans la législation française ne vient en faciliter l’organisation, explique l’historien franco-suisse Claude Barbier, délégué au Pôle métropolitain du Genevois français (Grand Genève).

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