Actualité de Oui au Pays Catalan

PERPIGNAN N’EST PAS LE PAILLASSON NATIONAL DU FN

Oui au Pays Catalan prend acte de la victoire de l’extrême droite incarnée par le Rassemblement national aux élections municipales de Perpignan. Notre force politique prend la mesure d’un basculement historique et salue l’explosion du clan clientéliste instauré il y a 60 ans, ce système Alduy-Pujol spécialisé en copinage sans talent, emplois réservés, transmission de mandats rémunérés et cumulés. Il fallait en finir, mais la solution du Rassemblement national est un leurre, car ce parti envisage Perpignan comme une zone d’essais nationale. Sa présidente, Marine Le Pen, souhaite « démontrer que nous sommes capables de gérer de grandes collectivités, ce qui évidemment aura son importance compte tenu des échéances départementales et régionales » (Twitter, 28 juin 2020).

Perpignan, capitale d’un territoire millénaire, ne mérite pas le statut de paillasson d’un parti qui cherchait une ville de plus de 120 000 habitants, n’importe laquelle, pour asseoir sa stratégie nationale. Le Rassemblement national, piloté depuis Paris, reste centraliste, opposé aux régions et à l’initiative. L’accent occitan de son vainqueur fait  «couleur locale» pour les médias parisiens qu’il est facile de tromper, mais cela ne nous détourne pas du vrai débat. Perpignan est un sujet, et non pas un objet, ou pire, un laboratoire.

 

Oui au Pays Catalan, opposé au « copié-collé » centralisé, travaille pour créer un pouvoir régional à Perpignan, dans le cadre de la République Française. Notre formation territoriale, engagée pour le progrès de la société, de l’économie et de l’identité d’ici, estime que le basculement de Perpignan salira l’image, déjà faible et ternie, de Perpignan. Notre capitale nord-catalane sera isolée en France et en Catalogne. Cette situation est l'opportunité d'un renouvellement en profondeur des pratiques et des personnes.

NON, EMMANUEL MACRON NE DÉCENTRALISERA PAS

Dimanche 14 juin, le président de la République, Emmanuel Macron, a évoqué la décentralisation en affirmant que « tout ne peut pas être décidé depuis Paris ». En effet, la crise du Covid-19 aurait été mieux maîtrisée par de véritables Régions, comme en Allemagne, mais elle a été gérée de façon totalement centralisée, depuis l’Élysée.

Le désir de réforme territoriale exprimé par E. Macron est un exemple de l’impossible « en même temps ». En effet, les grandes mesures présidentielles prises depuis 2017 obéissent à la recentralisation. Non, il n’y aura pas de nouvel acte de décentralisation dans les deux prochaines années, et encore moins de régionalisation. Les préfets, élus par personne, conserveront leur suprématie : cette excentricité en Europe leur permet d’infantiliser et de déresponsabiliser les Conseils départementaux et régionaux.

 

Le « monde d’après » promis par le fondateur de la République en Marche exclura la grande réforme des institutions dont la France a besoin, car l’Etat ne souhaite pas céder du pouvoir aux territoires. Il ne souhaite pas déléguer et faire confiance. La formation intellectuelle du Président de la République et de ses amis, issus du même moule de l’ENA, empêche de concevoir une République décentralisée, car cette école est l’incarnation du centralisme de la pensée, des hommes et des territoires.

 

Pour résorber les maux du pays, notamment sa profonde crise morale, c’est une vaste réforme de la formation des élites qui s’impose. Sans cela, les déclarations d’intention ne sont qu’illusion, ou pire, des stratégies de diversion.

DUEL AU SOLEIL DE LA COLONIE !

Le décor est planté comme en 2014: Pujol-Aliot en finale, et les autres à la maison. L’alternance que Perpignan nécessitait, ça attendra.

 

En effet, c’est par un enclenchement d’attitudes et d’égos que nous en sommes arrivés à ce suprême déni de démocratie: un dissident « républicain » sans chances mais plein d’aigreur qui pique quelque 3% inutiles; une candidate éternelle qui fait encore moins de 10% pour la deuxième fois et que son égo conduit, comme en 2014, à la liquidation de l’alternance tellement « voulue» par elle; une liste écolo-PS menée par Mme Occitanie, sans aucune autonomie locale, car à l’instant de vérité elle se plie aux ordres de Mme Delga et renonce à créer au deuxième tour une alternative au couple diabolique!

 

Un Pujol, chef de ce qu’il reste de ce clan qui a accaparé le pouvoir depuis des dizaines d’années à Perpignan, un maire discrédité et refusé par les Perpignanais. Oui, pour un maire sortant, faire un peu plus de 18%, c’est une gifle monumentale! 

 

Puis le FN, qui face au désespoir chronique, au vent de révolte conjoncturel et au manque de crédit actuel d’une alternative locale, est perçu par tous ceux qui ne croient plus au système comme un refuge de dénonciation.

 

Enfin, notre liste, la liste Pour Perpignan, qui a insufflé un peu de sang neuf, mais dont sans doute le contexte « national » a plombé les espoirs. Oui, le macronisme nous a porté tort, et le titre de cet article l’affirme, nous sommes des colonisés! L’univers mental et concret de toute notre vie politique se décide ailleurs qu’à Perpignan, il se décide à Paris, à Toulouse, et les ordres et comportements étrangers au pays changent toujours la donne et décident à notre place!

 

C’est pourquoi l’heure est venue de faire savoir que Oui au Pays Catalan travaille à la construction d’une alternative pour tout notre territoire. Cette action se situera hors des partis qui nous ont amenés au choix pervers entre le clan et l’extrémisme. 

 

Oui, il nous faut une force de Pays qui, à partir des bonnes volontés existantes, des militants courageux, des gens qui aiment notre Pays Catalan, des élus qui partagent cette façon de voir l’avenir, une force qui puisse dans les temps à venir nous sortir des choix négatifs pour entrer dans une dynamique de pays positive.

 

Nous sommes des démocrates, nous avons su à chaque moment important être présents pour protéger notre terre et notre identité catalane face à Frêche, Valls, Delga, et personne ne peut nous accuser de faire le jeu de quiconque car notre parti c’est vous et le Pays Catalan. Aujourd’hui il est plus urgent que jamais de construire cette force politique de pays pour donner l‘espoir, et nous ne partons pas de rien: nous seuls avons les premiers dénoncé le clanisme et commencé ce chemin seuls. L’heure est à s’ouvrir à d’autres, à fédérer pour finalement faire ce que d’autres ont fait avant nous. L’exemple corse est parlant! Alors on y va!

 

Jordi Vera

Coordinateur de Oui au Pays Catalan

LE CORONAVIRUS RÉVEILLE LA CAPACITÉ D’AGIR DU PAYS CATALAN

La crise sanitaire du Covid-19 suscite des initiatives positives dans notre département : fabrication de masques de protection, alertes de confinement, solidarité envers les soignants et les aînés, incitations à consommer local.

 

Oui au Pays Catalan salue cette adaptation intelligente à des circonstances graves. Poussés par l'urgence, les groupements de citoyens, les municipalités et les communautés de communes, le Conseil départemental, les chambres consulaires et les organisations professionnelles se mobilisent. Une réalité saute aux yeux : l'État ne peut pas tout, l’État n’est pas tout. La France centralisée identifie mal les points faibles des territoires. Parfois,  elle fournit des réponses inadaptées, et trop tard. A l’inverse, nous constatons qu’à Perpignan, Prades, Banyuls et de nombreuses autres communes, les forces vives et les corps intermédiaires rendent un service direct à la société.

Notre force politique, engagée pour le territoire, son économie et son identité, tire la leçon suivante de cette période de Coronavirus : la responsabilisation et l’action locales sont la grande réponse à l’intérêt général. Les communes ont déjà le choix sur certaines questions du quotidien : la police municipale doit-elle être armée ? Faut-il développer la vidéo-surveillance, la production énergétique locale ? Faut-il favoriser le petit commerce face à la grande distribution ? Souvent, ce choix n’est pas toujours exercé, mais la marge d’initiative est réelle. L’expérience du Covid-19 souligne que nous pouvons collectivement organiser la vie d’ici, en quittant la passivité. Pensons ici, décidons ici, au bénéfice de tous.

PUIGDEMONT LE 29 FÉVRIER À PERPIGNAN : ENFIN DU CATALANISME UTILE

Un rassemblement historique se tiendra le 29 février à Perpignan : la venue du président catalan en exil, Carles Puigdemont. Oui au Pays Catalan se félicite de la tenue de cet événement inscrit dans le respect des libertés fondamentales.

 

Ce sera aussi une date majeure pour l’expression de la solidarité catalane. Notre force politique est fière de son partenaire pour les élections municipales de Perpignan, Romain Grau, qui soutient fermement cette échéance importante.

 

Par ailleurs, cette journée sera extrêmement positive pour l’économie du pays en matière d’hôtellerie, de restauration et de projection de son image vers le grand public de Catalogne du Sud et d’Espagne. Son impact sera décisif pour "le marketing territorial" qui fait tant défaut à Perpignan et au Pays Catalan.

 

En cela, le 29 février 2020 mettra en avant un catalanisme utile, qui fait partie des fondamentaux de notre mouvement.