Actualité de Oui au Pays Catalan

100 jours de mandat : Aliot n'est pas catalan !

Monsieur le Maire, vous avez démarré le mandat en enlevant très vite les couleurs catalanes du Castillet, puis en changeant la devise de notre capitale et son blason et en travestissant notre patron Sant Joan Bautista en Astérix le Gaulois. Vous venez là de supprimer en catimini tous les panneaux d’entrées de la ville en catalan au prétexte d’un «entretien» - les panneaux en français, eux, “ne nécessitent pas d'entretien”, comme chacun sait !

Enfin, cette semaine vous exécutez notre bien chère institution La Bressola et son projet, très avancé, de lycée au Moyen-Vernet. Tant pis pour les collégiens qui veulent continuer leurs études dans la “llengua dels avis”, puisque vous venez de faire une “préemption-exprès” sur l’emplacement projeté, le Couvent des Clarisses ! Sor Maria Antigó en pleure déjà.

 

D'ailleurs, quand vous parlez des Catalans, vous les qualifiez, eux les autochtones, de “ces gens-là” ! Sachez que notre terre a toujours été une terre d'accueil et de diversité, où l'identité séculaire est restée forte parce que partagée par tous ceux qui choisissaient et choisissent de vivre parmi nous; c'est une de nos fiertés, la valeur ajoutée de tolérance et d’intégration. Notre Pays Catalan n’a donc pas attendu votre mandature pour «rayonner», comme vous dites.

 

N’est-ce pas une richesse inestimable que posséder une de ces « langues et cultures de France» que la Nation française reconnaît? Ne sont-elles pas un patrimoine reconnu et garanti par la Constitution ?

M. Aliot, vous n'êtes pas catalan parce que vous ne représentez pas l'attachement des habitants à leur identité et à leur territoire et parce que vous poursuivez précisément l'objectif de leur effacement.

 

Mais nous ne nous laisserons pas faire !

 

Oui au Pays Catalan appelle donc ses militants et sympathisants à descendre massivement dans les rues de Perpignan le samedi 23 octobre à 11 heures place Catalogne pour soutenir notre école immersive catalane La Bressola.

NOUS SOMMES PERPINYÀ

Le Maire de Perpignan Louis Aliot, Rassemblement National, revisite l’identité visuelle de notre capitale: il a décidé d’en manipuler l’identité catalane en l’affublant de la banale qualification de... La Rayonnante!

 

Rayonnante avec son taux de chômage ? Avec sa misère ?

 

Le Sant-Joan de son logo a troqué sa croix pour un bâton de berger ou de pèlerin, pour être transformé en laïc républicain post-moderne. M. Aliot prend ainsi en otage de son délire identitaire les Perpignanais en leur faisant partager son histoire post-coloniale. Nous connaissons notre Histoire elle ne peut pas être réécrite, elle est inscrite dans nos pierres, dans nos coeurs et dans l'esprit de chacun.

Quel est l’objectif d’une pareille opération médiatique? M. Aliot cherche peut-être à provoquer des affrontements entre catalanistes, catholiques, agnostiques, gauchistes...

 

Non, M. le Maire, nous sommes, en 2021, des Catalans qui aimons tous notre capitale avec son histoire et son présent de ville multiculturelle, cosmopolite, laïque et religieuse, artistique, mais avant tout enracinée dans nos fondamentaux de catalanité: notre passé et notre avenir que nous voulons catalans, sans discussion !

 

Attaquer d’emblée les consensus, faire passer ses perceptions personnelles en imposant sans consulter cette nouvelle image de Perpignan et du Pays Catalan, c’est à nos yeux une attitude jacobine inadmissible. La démocratie doit l’emporter.

Perpignan est la Capitale du Pays Catalan, des milliers de Perpignanais l'ont prouvé le 10 Septembre 2016.

 

M. Aliot, nous exigeons donc de procéder très vite à un référendum populaire !

La Corse, le Grand Lyon, l'Alsace,... et le Pays Catalan ?

Ce 1er janvier 2021 les départements alsaciens du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ont fusionné dans la « Collectivité Européenne d'Alsace » qui est intégrée à la Région administrative Grand Est.

 

Cette nouvelle collectivité française a été approuvée par une loi spécifique adoptée par le Sénat le 23 juillet 2019 et par l’Assemblée nationale le 25 juillet 2019. Dotée d'un budget de fonctionnement annuel de 2 milliards d'euros et de 6200 agents territoriaux, la « Collectivité Européenne d'Alsace » réunit les compétences ordinaires des deux départements ainsi que des compétences particulières à l'Alsace.

Ces nouvelles prérogatives sont liées à la situation historique, culturelle et géographique de l'Alsace : le pilotage de la coopération transfrontalière, notamment les projets d'infrastructures routières, fluviales, ferroviaires et sanitaires, la promotion et le développement de l'apprentissage de l'allemand dans sa forme standard et ses dialectes alsaciens, la gestion des actions relevant du Fonds Social Européen, les politiques d’insertion par les activités de proximité, la promotion de l'attractivité touristique alsacienne en France et à l'étranger, les ordres professionnels et les fédérations culturelles et sportives agréées à l'échelle de l'Alsace, et l'entretien, la gestion et l'exploitation des routes et autoroutes d’État sans concession.

 

Le Pays Catalan est un territoire qui a une situation historique, culturelle et géographie comparable à l'Alsace.

 

En effet, notre intégration au Royaume de France est aussi tardif, nous possédons une langue et une culture spécifique et différenciées du reste de la France et nous sommes intégrés à un espace linguistique, culturel et économique transfrontalier.

Oui au Pays Catalan demande aux élus du Département des Pyrénées-Orientales, aux élus catalans de la Région Occitanie, aux conseillers communautaires et aux maires des Pyrénées-Orientales de défendre auprès du gouvernement la création par la loi française d'une Collectivité Territoriale Catalane aux compétences élargies, comme l'Alsace, mais aussi le Grand Lyon ou la Corse.

PERPIGNAN N’EST PAS LE PAILLASSON NATIONAL DU FN

Oui au Pays Catalan prend acte de la victoire de l’extrême droite incarnée par le Rassemblement national aux élections municipales de Perpignan. Notre force politique prend la mesure d’un basculement historique et salue l’explosion du clan clientéliste instauré il y a 60 ans, ce système Alduy-Pujol spécialisé en copinage sans talent, emplois réservés, transmission de mandats rémunérés et cumulés. Il fallait en finir, mais la solution du Rassemblement national est un leurre, car ce parti envisage Perpignan comme une zone d’essais nationale. Sa présidente, Marine Le Pen, souhaite « démontrer que nous sommes capables de gérer de grandes collectivités, ce qui évidemment aura son importance compte tenu des échéances départementales et régionales » (Twitter, 28 juin 2020).

Perpignan, capitale d’un territoire millénaire, ne mérite pas le statut de paillasson d’un parti qui cherchait une ville de plus de 120 000 habitants, n’importe laquelle, pour asseoir sa stratégie nationale. Le Rassemblement national, piloté depuis Paris, reste centraliste, opposé aux régions et à l’initiative. L’accent occitan de son vainqueur fait  «couleur locale» pour les médias parisiens qu’il est facile de tromper, mais cela ne nous détourne pas du vrai débat. Perpignan est un sujet, et non pas un objet, ou pire, un laboratoire.

 

Oui au Pays Catalan, opposé au « copié-collé » centralisé, travaille pour créer un pouvoir régional à Perpignan, dans le cadre de la République Française. Notre formation territoriale, engagée pour le progrès de la société, de l’économie et de l’identité d’ici, estime que le basculement de Perpignan salira l’image, déjà faible et ternie, de Perpignan. Notre capitale nord-catalane sera isolée en France et en Catalogne. Cette situation est l'opportunité d'un renouvellement en profondeur des pratiques et des personnes.

NON, EMMANUEL MACRON NE DÉCENTRALISERA PAS

Dimanche 14 juin, le président de la République, Emmanuel Macron, a évoqué la décentralisation en affirmant que « tout ne peut pas être décidé depuis Paris ». En effet, la crise du Covid-19 aurait été mieux maîtrisée par de véritables Régions, comme en Allemagne, mais elle a été gérée de façon totalement centralisée, depuis l’Élysée.

Le désir de réforme territoriale exprimé par E. Macron est un exemple de l’impossible « en même temps ». En effet, les grandes mesures présidentielles prises depuis 2017 obéissent à la recentralisation. Non, il n’y aura pas de nouvel acte de décentralisation dans les deux prochaines années, et encore moins de régionalisation. Les préfets, élus par personne, conserveront leur suprématie : cette excentricité en Europe leur permet d’infantiliser et de déresponsabiliser les Conseils départementaux et régionaux.

 

Le « monde d’après » promis par le fondateur de la République en Marche exclura la grande réforme des institutions dont la France a besoin, car l’Etat ne souhaite pas céder du pouvoir aux territoires. Il ne souhaite pas déléguer et faire confiance. La formation intellectuelle du Président de la République et de ses amis, issus du même moule de l’ENA, empêche de concevoir une République décentralisée, car cette école est l’incarnation du centralisme de la pensée, des hommes et des territoires.

 

Pour résorber les maux du pays, notamment sa profonde crise morale, c’est une vaste réforme de la formation des élites qui s’impose. Sans cela, les déclarations d’intention ne sont qu’illusion, ou pire, des stratégies de diversion.