Actualité de Oui au Pays Catalan

NOUS SOMMES PERPINYÀ

Le Maire de Perpignan Louis Aliot, Rassemblement National, revisite l’identité visuelle de notre capitale: il a décidé d’en manipuler l’identité catalane en l’affublant de la banale qualification de... La Rayonnante!

 

Rayonnante avec son taux de chômage ? Avec sa misère ?

 

Le Sant-Joan de son logo a troqué sa croix pour un bâton de berger ou de pèlerin, pour être transformé en laïc républicain post-moderne. M. Aliot prend ainsi en otage de son délire identitaire les Perpignanais en leur faisant partager son histoire post-coloniale. Nous connaissons notre Histoire elle ne peut pas être réécrite, elle est inscrite dans nos pierres, dans nos coeurs et dans l'esprit de chacun.

Quel est l’objectif d’une pareille opération médiatique? M. Aliot cherche peut-être à provoquer des affrontements entre catalanistes, catholiques, agnostiques, gauchistes...

 

Non, M. le Maire, nous sommes, en 2021, des Catalans qui aimons tous notre capitale avec son histoire et son présent de ville multiculturelle, cosmopolite, laïque et religieuse, artistique, mais avant tout enracinée dans nos fondamentaux de catalanité: notre passé et notre avenir que nous voulons catalans, sans discussion !

 

Attaquer d’emblée les consensus, faire passer ses perceptions personnelles en imposant sans consulter cette nouvelle image de Perpignan et du Pays Catalan, c’est à nos yeux une attitude jacobine inadmissible. La démocratie doit l’emporter.

Perpignan est la Capitale du Pays Catalan, des milliers de Perpignanais l'ont prouvé le 10 Septembre 2016.

 

M. Aliot, nous exigeons donc de procéder très vite à un référendum populaire !

La Corse, le Grand Lyon, l'Alsace,... et le Pays Catalan ?

Ce 1er janvier 2021 les départements alsaciens du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ont fusionné dans la « Collectivité Européenne d'Alsace » qui est intégrée à la Région administrative Grand Est.

 

Cette nouvelle collectivité française a été approuvée par une loi spécifique adoptée par le Sénat le 23 juillet 2019 et par l’Assemblée nationale le 25 juillet 2019. Dotée d'un budget de fonctionnement annuel de 2 milliards d'euros et de 6200 agents territoriaux, la « Collectivité Européenne d'Alsace » réunit les compétences ordinaires des deux départements ainsi que des compétences particulières à l'Alsace.

Ces nouvelles prérogatives sont liées à la situation historique, culturelle et géographique de l'Alsace : le pilotage de la coopération transfrontalière, notamment les projets d'infrastructures routières, fluviales, ferroviaires et sanitaires, la promotion et le développement de l'apprentissage de l'allemand dans sa forme standard et ses dialectes alsaciens, la gestion des actions relevant du Fonds Social Européen, les politiques d’insertion par les activités de proximité, la promotion de l'attractivité touristique alsacienne en France et à l'étranger, les ordres professionnels et les fédérations culturelles et sportives agréées à l'échelle de l'Alsace, et l'entretien, la gestion et l'exploitation des routes et autoroutes d’État sans concession.

 

Le Pays Catalan est un territoire qui a une situation historique, culturelle et géographie comparable à l'Alsace.

 

En effet, notre intégration au Royaume de France est aussi tardif, nous possédons une langue et une culture spécifique et différenciées du reste de la France et nous sommes intégrés à un espace linguistique, culturel et économique transfrontalier.

Oui au Pays Catalan demande aux élus du Département des Pyrénées-Orientales, aux élus catalans de la Région Occitanie, aux conseillers communautaires et aux maires des Pyrénées-Orientales de défendre auprès du gouvernement la création par la loi française d'une Collectivité Territoriale Catalane aux compétences élargies, comme l'Alsace, mais aussi le Grand Lyon ou la Corse.

PERPIGNAN N’EST PAS LE PAILLASSON NATIONAL DU FN

Oui au Pays Catalan prend acte de la victoire de l’extrême droite incarnée par le Rassemblement national aux élections municipales de Perpignan. Notre force politique prend la mesure d’un basculement historique et salue l’explosion du clan clientéliste instauré il y a 60 ans, ce système Alduy-Pujol spécialisé en copinage sans talent, emplois réservés, transmission de mandats rémunérés et cumulés. Il fallait en finir, mais la solution du Rassemblement national est un leurre, car ce parti envisage Perpignan comme une zone d’essais nationale. Sa présidente, Marine Le Pen, souhaite « démontrer que nous sommes capables de gérer de grandes collectivités, ce qui évidemment aura son importance compte tenu des échéances départementales et régionales » (Twitter, 28 juin 2020).

Perpignan, capitale d’un territoire millénaire, ne mérite pas le statut de paillasson d’un parti qui cherchait une ville de plus de 120 000 habitants, n’importe laquelle, pour asseoir sa stratégie nationale. Le Rassemblement national, piloté depuis Paris, reste centraliste, opposé aux régions et à l’initiative. L’accent occitan de son vainqueur fait  «couleur locale» pour les médias parisiens qu’il est facile de tromper, mais cela ne nous détourne pas du vrai débat. Perpignan est un sujet, et non pas un objet, ou pire, un laboratoire.

 

Oui au Pays Catalan, opposé au « copié-collé » centralisé, travaille pour créer un pouvoir régional à Perpignan, dans le cadre de la République Française. Notre formation territoriale, engagée pour le progrès de la société, de l’économie et de l’identité d’ici, estime que le basculement de Perpignan salira l’image, déjà faible et ternie, de Perpignan. Notre capitale nord-catalane sera isolée en France et en Catalogne. Cette situation est l'opportunité d'un renouvellement en profondeur des pratiques et des personnes.

NON, EMMANUEL MACRON NE DÉCENTRALISERA PAS

Dimanche 14 juin, le président de la République, Emmanuel Macron, a évoqué la décentralisation en affirmant que « tout ne peut pas être décidé depuis Paris ». En effet, la crise du Covid-19 aurait été mieux maîtrisée par de véritables Régions, comme en Allemagne, mais elle a été gérée de façon totalement centralisée, depuis l’Élysée.

Le désir de réforme territoriale exprimé par E. Macron est un exemple de l’impossible « en même temps ». En effet, les grandes mesures présidentielles prises depuis 2017 obéissent à la recentralisation. Non, il n’y aura pas de nouvel acte de décentralisation dans les deux prochaines années, et encore moins de régionalisation. Les préfets, élus par personne, conserveront leur suprématie : cette excentricité en Europe leur permet d’infantiliser et de déresponsabiliser les Conseils départementaux et régionaux.

 

Le « monde d’après » promis par le fondateur de la République en Marche exclura la grande réforme des institutions dont la France a besoin, car l’Etat ne souhaite pas céder du pouvoir aux territoires. Il ne souhaite pas déléguer et faire confiance. La formation intellectuelle du Président de la République et de ses amis, issus du même moule de l’ENA, empêche de concevoir une République décentralisée, car cette école est l’incarnation du centralisme de la pensée, des hommes et des territoires.

 

Pour résorber les maux du pays, notamment sa profonde crise morale, c’est une vaste réforme de la formation des élites qui s’impose. Sans cela, les déclarations d’intention ne sont qu’illusion, ou pire, des stratégies de diversion.

DUEL AU SOLEIL DE LA COLONIE !

Le décor est planté comme en 2014: Pujol-Aliot en finale, et les autres à la maison. L’alternance que Perpignan nécessitait, ça attendra.

 

En effet, c’est par un enclenchement d’attitudes et d’égos que nous en sommes arrivés à ce suprême déni de démocratie: un dissident « républicain » sans chances mais plein d’aigreur qui pique quelque 3% inutiles; une candidate éternelle qui fait encore moins de 10% pour la deuxième fois et que son égo conduit, comme en 2014, à la liquidation de l’alternance tellement « voulue» par elle; une liste écolo-PS menée par Mme Occitanie, sans aucune autonomie locale, car à l’instant de vérité elle se plie aux ordres de Mme Delga et renonce à créer au deuxième tour une alternative au couple diabolique!

 

Un Pujol, chef de ce qu’il reste de ce clan qui a accaparé le pouvoir depuis des dizaines d’années à Perpignan, un maire discrédité et refusé par les Perpignanais. Oui, pour un maire sortant, faire un peu plus de 18%, c’est une gifle monumentale! 

 

Puis le FN, qui face au désespoir chronique, au vent de révolte conjoncturel et au manque de crédit actuel d’une alternative locale, est perçu par tous ceux qui ne croient plus au système comme un refuge de dénonciation.

 

Enfin, notre liste, la liste Pour Perpignan, qui a insufflé un peu de sang neuf, mais dont sans doute le contexte « national » a plombé les espoirs. Oui, le macronisme nous a porté tort, et le titre de cet article l’affirme, nous sommes des colonisés! L’univers mental et concret de toute notre vie politique se décide ailleurs qu’à Perpignan, il se décide à Paris, à Toulouse, et les ordres et comportements étrangers au pays changent toujours la donne et décident à notre place!

 

C’est pourquoi l’heure est venue de faire savoir que Oui au Pays Catalan travaille à la construction d’une alternative pour tout notre territoire. Cette action se situera hors des partis qui nous ont amenés au choix pervers entre le clan et l’extrémisme. 

 

Oui, il nous faut une force de Pays qui, à partir des bonnes volontés existantes, des militants courageux, des gens qui aiment notre Pays Catalan, des élus qui partagent cette façon de voir l’avenir, une force qui puisse dans les temps à venir nous sortir des choix négatifs pour entrer dans une dynamique de pays positive.

 

Nous sommes des démocrates, nous avons su à chaque moment important être présents pour protéger notre terre et notre identité catalane face à Frêche, Valls, Delga, et personne ne peut nous accuser de faire le jeu de quiconque car notre parti c’est vous et le Pays Catalan. Aujourd’hui il est plus urgent que jamais de construire cette force politique de pays pour donner l‘espoir, et nous ne partons pas de rien: nous seuls avons les premiers dénoncé le clanisme et commencé ce chemin seuls. L’heure est à s’ouvrir à d’autres, à fédérer pour finalement faire ce que d’autres ont fait avant nous. L’exemple corse est parlant! Alors on y va!

 

Jordi Vera

Coordinateur de Oui au Pays Catalan