A quelques jours des élections provinciales et ce malgré l’opposition du FLNKS qui est la principale force représentative du peuple kanak, l’Assemblée nationale a adopté la semaine dernière, la « Proposition de loi organique portant intégration des natifs dans le corps électoral pour les élections au congrès et aux assemblées de province de Nouvelle-Calédonie ».
Ce vote marque une rupture historique avec le processus de décolonisation et d’accès à la pleine souveraineté de la Kanaky-Nouvelle Calédonie tels que prévus par les accords de Nouméa.
Face à un mouvement de colonisation de peuplement qui fait que les Kanaks sont aujourd’hui minoritaires dans leur propre pays, la stabilité des corps électoraux tels que définis par les accords de Matignon et de Nouméa sont la pierre angulaire du processus de décolonisation. Elargir le corps électoral est une nécessité pour faire nation. Mais le faire avant la fin de la décolonisation c’est amplifier la minoration des Kanaks et condamner à l’échec le processus d’autodétermination.
Avec ses parlementaires, Régions et Peuples Solidaires désapprouve l’adoption de cette PPL qui vient accentuer la fracture entre les communautés Kanaks et métropolitaines au profit de ces dernières.
François ALFONSI, président de Régions et Peuples Solidaires