Aller vers une démocratie territoriale

Publié le 24 avril 2026 à 11:18

Compte rendu de la conférence | Paris - le 24/04/2026

1/ R&PS dénonce le vacarme jacobin qui déferle dans le débat public en France, et qui travestit ce qui est la réalité de l’opinion française.

Ainsi, le sondage effectué en juillet 2025 par l’IFOP a démontré :

  • 77% des français sont en faveur de la reconnaissance officielle des langues régionales
  • 71% des français sont d’accord pour renforcer le pouvoir des régions
  • 73% sont pour que les régions aient la possibilité d’adopter des lois qui tiennent compte des réalités locales

Concernant l’Alsace, 55% des français (et 80% des alsaciens) sont favorables à la sortie de l’Alsace du Grand Est. Pour le Pays Basque, un français sur deux approuve la création d’une région à statut spécifique (62% des Basques), et 51% des français approuvent le projet d’autonomie de la Corse (76% des Corses).

R&PS estime donc que le consensus démocratique est largement réuni en France pour ces réformes auxquelles les populations concernées sont très majoritairement attachées.

Elle appelle les élus députés et sénateurs à suivre l’opinion française qui, toutes tendances politiques confondues, est favorable aux évolutions engagées.

2/ A propos de l’Alsace, un pas positif a été accompli par l’Assemblée nationale qui a voté en faveur de la proposition de loi demandant la sortie de l’Alsace du Grand Est.

Cette méga-région avait été créée de toutes pièces, en violation de la Charte Européenne de l’autonomie locale. La proposition de loi votée à l’Assemblée doit aller jusqu’à son terme pour répondre à l’attente ultra-majoritaire des alsaciens.

La région Alsace a existé préalablement à la région Grand Est pendant presque un demi-siècle au sein de la République française, jusqu’à 2015. Qui peut réellement penser que son rétablissement menacerait la République française désormais ?

3/ A propos de la Corse, le projet d’autonomie a fait l’objet d’un engagement officiel de l’Etat, à travers un discours du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, en septembre 2023 à Aiacciu, et à travers la signature des « accords de Beauvau » qui proposent une modification constitutionnelle pour que la Corse puisse accéder à une autonomie comparable à celle dont bénéficient les autres îles, notamment en Méditerranée.

C’est un projet de loi constitutionnelle déposé par le gouvernement. Il viendra devant le Parlement début juin, dans quelques semaines à peine. L’Assemblée Nationale puis le Sénat en débattront. R&PS appelle les parlementaires à respecter la volonté des Corses. Et à ne surtout pas être sensibles aux fantasmes des ultra-jacobins emmenés par l’ex-ministre Jean Michel Blanquer. Depuis de longues décennies la « question corse » appelle à une solution politique. L’Etat a donné sa parole ; il doit s’y tenir.

4/ Le Pays Basque est un territoire fort de son identité. Depuis toujours les Basques dénoncent l’absence de cadre institutionnel démocratique pour leur territoire qui est inclus dans un département dont la Préfecture est à Pau, et dans la Région Aquitaine dont la capitale est à Bordeaux.

Les 158 communes du Pays Basque ont manifesté la volonté de sortir de ce statu quo en créant une Communauté d’Agglomération unique grâce à laquelle les réalités du Pays Basque sont enfin représentées. Mais ce cadre est insuffisant. Il doit évoluer vers une région à statut spécifique comme le permet la Constitution.

La récente élection à la tête de cette communauté d’agglomération d’un élu abertzale, Alain Iriart, est un signal fort de cette demande. Elle doit être enfin entendue.

Dans les semaines qui viennent les parlementaires devront choisir : le retour aux fantasmes jacobins d’une France du passé, ou avancer, avec les populations concernées, et avec le soutien de l’ensemble des français, vers une véritable démocratie territoriale.