Ces dernières semaines, d’un côté, les communes se mobilisent les unes après les autres pour défendre la place de la langue basque sur notre territoire. De l’autre, l’Etat empêche les mairies de reconnaitre l’importance de l’euskara.
EAJ-LPB demande une attitude moins dogmatique de la part de l’Etat sur ces questions qui relève de l’identité de notre territoire. Certes, le préfet est dépositaire de l’autorité de l’État mais au-delà de ses attributions administratives et de sécurité spécifique, Il a aussi le pouvoir et assurément le devoir de déroger à certaines normes en les adaptant aux spécificités locales. Or, ces dernières semaines, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a donné l’impression d’interdire sans discernement. Il a demandé l’annulation des décisions prises en juillet par les communes de Sare et de Bayonne de reconnaître officiellement le basque comme langue du territoire. Depuis, la mairie de Saint-Pierre d’Irube, celle d’Ustaritz… ont suivi, en adoptant à leur tour la reconnaissance officielle du basque comme langue de la commune, aux côtés du français. La propagation de cette demande des communes est légitime et EAJ-LPB demande à l’Etat d’instaurer un statut de l’euskara pour y répondre.
Dépasser les postures symboliques pour défendre un statut de l’euskara au sein de la Communauté Pays basque
Le maire de Saint-Jean-de-Luz a parfaitement résumé la situation dans laquelle l’euskara se situe. Bien que favorable à l’idée de soumettre au conseil municipal une motion préconisant la co-officialisation de l’euskara, le maire Jean-François Irigoyen a expliqué qu’il n’existe pas de « véhicule juridique qui permettrait à la commune de reconnaître officiellement l'euskara aux côtés du français ». Au-delà de la demande sociale en faveur de la langue basque (Seaska, Ikas bi…), des nombreuses manifestations citoyennes et l’action publique portée, depuis plus de 20 ans par l’Office public de la langue basque conjointement avec l’Etat, il est urgent de faire exister le basque dans la République française aujourd’hui.
Le véritable débat devrait porter sur une avancée réelle dans la protection légale de l’euskara, au-delà de délibérations à portée uniquement symbolique. L’argument est d’abord juridique et il est fondamental si l’on veut préserver la survivance de l’euskara. Il faut faire évoluer les cadres législatifs et règlementaires en recourant aux dispositifs juridiques permettant la revitalisation de la langue basque.
EAJ-LPB appelle à un statut territorial de l’euskara. La protection légale est l’un des 3 piliers nécessaires au renouveau d’une langue minorisée, au côté d’une forte demande sociale et d’une politique linguistique volontariste. Un statut de l’euskara garantira une protection légale supérieure à celle du Code de l’Education. Des lois pourraient être adaptées et permettre des transferts de compétence en vertu des articles 37-1 et 72 al 4 de la Constitution. Ce statut est la démarche qui non seulement nous permettra de sortir du bras de fer avec l’Etat mais surtout qui protègera constitutionnellement notre langue pour les années à venir.