Patrimoine mondial de l'Unesco : l'Aude classe l'envahisseur et oublie ses martyrs

Publié le 3 août 2026 à 11:36

Avec l'inscription des « Forteresses royales capétiennes du Languedoc » au patrimoine mondial de l'Unesco, la liste des sites coloniaux labellisés s'allonge encore.

Les anciens châteaux dits « cathares » viennent d'être classés au patrimoine mondial de l'humanité sous un nouveau nom qui dit tout : Forteresses royales capétiennes du Languedoc. Une reconnaissance qui peut sembler une bonne nouvelle pour la conservation de ces monuments et leur visibilité. Mais derrière le bati, c'est une histoire qui vient d'être sacrifiée : celle des populations languedociennes. Ce classement centre le récit sur l'envahisseur, en valorisant les aspects architecturaux et politiques d'une conquête militaire.

Une histoire qu'on ne bâtit pas sur du vide

Nous le savons : ces châteaux n'ont pas été bâtis par des religieux cathares… qui n'étaient pas maçons ! Mais sur la plupart de ces sites préexistaient des fortifications élevées par des seigneurs occitans, bien avant que les capétiens n'imposent leur architecture militaire.

Ces lieux sont d'abord les témoins de la croisade des Albigeois (1209-1229), des bûchers cathares au premier rang desquels celui de Montségur, et d'une répression qui s'est prolongée près d'un siècle, jusqu'à l'exécution du dernier « parfait », Guilhem Bélibaste, en août 1321.

En rebaptisant ces forteresses du nom de leurs conquérants, on efface la mémoire de ceux qui les habitaient, les défendaient, et qui y sont morts.

Le Partit Occitan ne s'oppose pas à la préservation de ce patrimoine. Il exige qu'elle ne se fasse pas au prix de l'effacement de notre mémoire.

L’Unesco a déjà permis le classement d’autres sites coloniaux comme les forteresses de Carthagène en Colombie ou l’architecture de l’île de Saint-Louis au Sénégal. Le Partit Occitan appelle à ce que ces biens deviennent des lieux de mémoires de l’histoire et de la culture occitane, des lieux de mémoire du catharisme. Pour ne pas effacer une seconde fois la mémoire du peuple occitan, ces forteresses doivent raconter ce qui a précédé et pas uniquement l’histoire des conquérants.

Annexe - Extrait du classement Unesco : https://whc.unesco.org/fr/list/1755/

« Le bien en série comprend une partie d'un système de fortifications mis en place par les rois capétiens aux XIIIe-XIVe siècles, au lendemain de la croisade contre les Albigeois, afin de soutenir la sénéchaussée de Carcassonne nouvellement créée. […] L'édification de ce système de fortifications, au cours de la conquête du Languedoc par la Couronne capétienne, permit d'imposer l'autorité du sénéchal sur le territoire des anciennes lignées féodales et d'affirmer le pouvoir royal au moyen d'édifices à l'architecture ostentatoire dans un relief accidenté. »