Les centralistes se mobilisent

Publié le 9 avril 2026 à 21:08

Jean-Michel Blanquer et Benjamin Morel ont publié une tribune contre les projets concernant la Corse et l’Alsace.
Dans le Figaro ils dénoncent le « différencialisme » et les périls qui guettent la République si l’on accorde un statut d’autonomie à la Corse et si l’on accepte que l’Alsace soit une région à part entière. Pour ces deux adversaires de toute
décentralisation et du fédéralisme tout statut particulier menace l’unité nationale.

Ils mettent dans le même sac la promotion des langues et l’idée d’un développement d’un enseignement dans nos langues.

On sait le rôle qu’a joué Jean-Michel Blanquer lorsqu’il était ministre de l’Éducation pour faire censurer la loi Molac par le Conseil Constitutionnel, notamment son article sur l’enseignement par immersion.

Plus étrange est la position de dix présidents de régions, avec en tête Carole Delga présidente de la Région « Occitanie ». Ils s’opposent à l’idée de donner à l’Alsace un statut de région considérant que ce serait la porte ouverte à d’autres demandes du même type.

Pour le Partit Occitan, il faut au contraire inventer des outils institutionnels qui s'adaptent aux réalités des habitants, pour permettre aux catalans et aux basques de gérer des politiques sur leur territoire, tout comme la grande Occitanie en a besoin à l'échelle inter-régionale.

Le Partit Occitan remarque que personne n’a tiré les leçons des mois passés avec un gouvernement central paralysé.
Le Partit Occitan estime que c’est l’hypercentralisation de tous les pouvoirs à Paris
qui est un danger pour la République.

Les opposants à une évolution fédérale de la République devraient s’inquiéter d’abord de la montée de l’extrême droite. Là est le vrai danger démocratique.

Il est plus facile de s’attaquer à ceux qui demandent plus de décentralisation, plus de pouvoirs aux régions que de reconnaitre les erreurs qui ont fait monter l’extrême droite.

Quant aux présidents de régions ils devraient se mobiliser pour que les régions disposent de plus de pouvoirs et de plus de moyens budgétaires plutôt que de se poser en défenseur de la dernière réforme des régions. Celle-ci, faite sans consultation des populations et n’a pas débouché sur plus d’autonomie, de meilleurs budgets pour les régions ni sur une simplification de l’organisation territoriale. Au contraire depuis dix ans le centralisme tend à se renforcer.