Le Partit Occitan est un parti de gauche qui rassemble des habitants d’Occitanie européistes, écologistes, fédéralistes et démocrates.

 

Le Partit Occitan est une organisation politique fédérative et démocratique, ouverte à tous ceux qui souhaitent œuvrer au développement d’une conscience citoyenne occitane comme élément d’une citoyenneté planétaire.

 

Le Partit Occitan cherche à s’adresser en priorité à la jeunesse, mais aussi à tous ceux qui n’ont pas renoncé à la politique comme un des leviers du changement et du progrès.

 

Notre ambition est d’apporter des réponses aux questions qui secouent ce début de siècle : globalisation, changement climatique, diversité culturelle et linguistique, démocratie territoriale, mutation énergétique, nouvelles formes d’organisation de la production et de la consommation.

 

http://partitoccitan.org/

 

 


Actualité du POc

Antilles : soutien aux organisations qui réclament justice dans l’affaire du chlordécone

Lundi 2 janvier 2023, a été délivrée une ordonnance de non-lieu dans l’enquête sur l’empoisonnement à ce pesticide utilisé dans les champs de bananes aux Antilles jusqu’en 1993. Reconnaissance d’un “scandale sanitaire”, mais pas de poursuites judiciaires.

L’exposé des motifs porte notamment sur l’ignorance par les pouvoirs publics de la dangerosité du produit à l’époque.

 

Or, ce pesticide cancérogène n’a été interdit qu’en 1993 alors que sa toxicité et sa persistance sont connues depuis 1969, d’après le rapport de la  commission d’enquête sénatoriale de novembre 2019. Et d’autres pays avaient interdit son usage antérieurement, les Etats-Unis en 1976.

Plus de 90% de la population de la Martinique et de la Guadeloupe est impactée, toujours exposée, et pour des siècles, aux contaminations contenues dans les sols, la mer et la chaîne alimentaire.

Serait-il normal d’en rester au dédommagement de cas individuels? Avec le degré d’aléas et de difficultés pour obtenir des réparations  que connaissent par exemple les victimes de l’amiante dans de nombreuses régions, ou celles des essais nucléaires en Polynésie française.

 

Comme il s’agit de départements d’Outre-mer, l’Etat compte sur le silence en métropole pour étouffer l’affaire. Alors que cela devrait être l’occasion d’un plan  de réhabilitation, tant sanitaire qu’écologique et économique.

Le Partit occitan (POC) soutient les organisations ultramarines qui demandent justice et engagent des recours dans ce sens.   

 

Version en occitan

Vive la lutte émancipatrice du peuple kurde et de la communauté kurde de France !

A Paris, le 22 décembre, trois Kurdes ont été assassinés au cours d’une fusillade: Emine Kara, une importante responsable du Mouvement des femmes kurdes en France, le chanteur Mîr Perwer, réfugié politique, et un homme âgé qui a consacré sa vie à la défense de cette cause.

 

 

Selon Berivan Firat, porte-parole des relations extérieures du Conseil démocratique kurde en France (CDKF), « notre communauté a été directement visée. Choisir le moment d’une réunion des féministes qui devaient préparer les commémorations du 9 janvier 2013 ne relève pas non plus du hasard. Il s’agit d’un acte politique qui relève du terrorisme et non du seul racisme. Et s’il s’agissait d’un assassinat « seulement » raciste, rien n’interdit de penser que l’individu a pu être orienté par les « Loups gris », qui sont devenus des spécialistes de la manipulation et des attentats politiques en France et en Europe. Dans les faits, ils ciblent en priorité les militantes et militants kurdes qui symbolisent et incarnent les luttes transnationales contre les régimes nationalistes et autoritaires. »

 

Le Partit occitan exprime sa compassion et sa solidarité avec toutes les victimes de cet horrible assassinat (trois autres sont blessés), avec leurs proches aussi. Le POC demande que les autorités françaises fassent toute la lumière sur cet acte raciste, voire terroriste, comme cela a été le cas avec l’assassinat de trois femmes responsables politiques – la dirigeante et cofondatrice du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), Sakine Cansiz, Fidan Dogan, « la Diplomate », et Leyla Saylemez, qui encadrait le mouvement de jeunesse du parti-, le 9 janvier 2013 par un agent des services secrets turcs. Pour information, l’administration française avait refusé l’asile politique à Emine Kara alors que cette militante a combattu Daesh en Syrie. Les gouvernements successifs, depuis 15 ans, ne protègent pas activement la communauté kurde, ni l’ensemble des exilé·es et des réfugié·es de Turquie.

 

Aujourd’hui, la France se tait pour ne pas déplaire au régime fasciste d’Erdogan. La France et l’Union européenne doivent briser ce silence honteux et contre-productif.

 

Pour mémoire, les Kurdes étaient un peuple d’environ 10 millions de personnes en 1919. La France de Clémenceau s’est opposée à la création d’un Etat kurde (le Kurdistan), préférant créer, avec la complicité de l’Angleterre, quatre Etats artificiels centralisés sans tenir compte des peuples de ces régions: ainsi le peuple kurde fut réparti arbitrairement sur l’Irak, l’Iran, la Syrie et la Turquie. D’où les conflits récurrents depuis plus d’un siècle…pour la survie de ce peuple, de sa langue et de sa culture.

 

En dépit de ces obstacles, ce peuple valeureux, par le biais de sa branche armée, les Pechmergas, a su combattre Daesh (l’Etat islamique) en Syrie et tente d’instaurer un Etat démocratique, multi-ethnique et libérant les femmes, le Rojava, cela dans un contexte de guerre permanente, confronté qu’il est notamment aux provocations du régime turc. Un exemple d’élaboration émancipatrice, à faire valoir dans cette période de régressions nationalistes et xénophobes.

 

A tous ces titres, le Partit occitan soutient  chaleureusement le peuple kurde et sa communauté installée en France.

Occitanes d’ici et d’ailleurs, de cœur et d’Oc: en avant!

Nous sommes quelques femmes à participer à la mise en place de candidatures occitanistes pour les prochaines élections législatives.

 

Nombreux sont les combats occitanistes menés au travers d’actions dites «culturelles ». Cet investissement est noble et les femmes y sont nombreuses. Mais … les résultats sont-ils au niveau : les postes d’enseignants, la culture, la langue dans l’espace public, les médias, l’autonomie des régions, la responsabilité des élus, le développement économique de nos territoires, l’emploi, la formation y compris de très haut niveau, le logement, la qualité de vie, l’égalité, la justice sociale, l’écologie ? Tous ces thèmes nécessitent que nous nous engagions tous et TOUTES, nombreux et surtout NOMBREUSES.

Seul le terrain politique permettra d’avancer. Les législatives de juin 2022 sont ce moment d’affirmation de nos valeurs. Nous le devons aussi à cette jeunesse qui désespère et qui attend tant de nous. Et PERSONNE NE FERA LE TRAVAIL À NOTRE PLACE.

 

Déjà 25 à 30 candidat.e.s sur la ligne de départ et seulement une dizaine de femmes ! Faisons les paris !!! Sur tout le territoire occitan 50 candidatures avec la parité. Soit 25 femmes et 25 hommes.

 

OUI la présence des femmes candidates est INDISPENSABLE et en plus cela fait partie de notre vision de la politique.

 

Sur le territoire occitan ces candidatures seront autonomes, sans accord avec un quelconque parti hexagonal. Régions & Peuples Solidaires, qui coordonne les candidatures des partis régionalistes de Bretagne, Corse, Catalogne, Alsace, Pays-Basque, Savoie, met des moyens techniques et financiers à notre disposition pour réussir cette percée de la vision régionaliste et autonomiste. Les Occitans y prennent leur part grâce à des gens venus de divers horizons mais tous attachés à l’idée d’un territoire occitan allant de la Gascogne à la Provence et du Languedoc à l‘Auvergne.

 

Le droit de vote des femmes a été un combat. Notre vision du monde est indispensable dans les défis à venir. Être candidate est un premier pas. La parité est une opportunité.

 

Osons , osons Occitanes ! Endavant !

 

Appelez nous , écrivez-nous et on vous expliquera comment on va s’y prendre.

 

Faites vite ! C’est urgent.

Corse : pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Ce qui se passe à propos de la Corse ressemble beaucoup à un encouragement à la violence. C’est absolument incompréhensible en République.

 

Voilà des années que les partis nationalistes gagnent les élections, qu’ils sont majoritaires à l’Assemblée de Corse et qu’ils président l’éxécutif corse.

 

Depuis des années le pouvoir central parisien refuse de dialoguer avec les représentants élus du peuple corse sur la question de l’autonomie.

Ce n’est qu’après des journées et des nuits de manifestations très violentes que le pouvoir Exécutif français se décide enfin à mettre sur la table les sujets qui lui sont soumis depuis des années par les élus corses. Il s’agit bien d’un encouragement à la violence comme arme politique puisque les voies démocratiques classiques ne fonctionnent pas. Nous sommes aux limites de la provocation.

 

Cela est vrai pour les discussions sur le statut de l’île ainsi que sur le statut des prisonniers corses dont le retour dans une prison de Corse est demandé depuis très longtemps.

 

Cette incapacité du pouvoir central à savoir traiter dans la sérénité des sujets qui préoccupent les populations est inquiétante. Elle est la manifestation d’une faiblesse démocratique, particulièrement sensible dans les domaines que sont la décentralisation du pouvoir et la reconnaissance des identités culturelles et linguistiques.

 

Que la violence soit la seule façon de se faire entendre du pouvoir central montre le mépris dont est capable une administration centrale sclérosée, hautaine, et condescendante. Que les responsables politiques rentrent dans ce jeu nous prouve une fois de plus que le centralisme est un péril pour la démocratie et la paix sociale. 

Le président russe met en péril la paix du monde

L’impérialisme russe et les élucubrations de V. Poutine mettent en péril la paix en Europe et dans le monde.

 

L’attaque qui a été lancée ce 24 février est totalement inacceptable.

 

Notre solidarité va au peuple d’Ukraine qui est la première victime de cette guerre.

 

L’Union Européenne est mise à l’épreuve par ces événements. Son unité sera un élément majeur pour que la résistance au dictateur russe et à son armée soit efficace.

 

Les années passées et le grignotage territorial russe sous des prétextes fallacieux de protection de populations russophones, montrent à l’évidence que l’Union Européenne doit se renforcer pour résister à l’action de responsables politiques aveuglés par un nationalisme et un chauvinisme débridés.

Les premières sanctions économiques qui ont été prises sont un premier élément de réponse à l’agression. D’autres doivent venir.

 

Cette guerre et les sanctions qui sont prises contre la Russie, auront des conséquences sur notre vie quotidienne (approvisionnements divers,  hausse des prix ...) mais c’est sans doute le prix à payer pour soutenir les Ukrainiens et s’opposer aux projets expansionnistes de V. Poutine.

 

Notre solidarité doit aussi aller aux citoyens russes, attachés à la démocratie et à leurs culture, qui s’opposent à la dictature du Kremlin et qui refusent la guerre. Ils existent et sont plus nombreux qu’il n’y paraît. Victimes de la répression et de la propagande, ils doivent être soutenus. Dès que le système en place au Kremlin s’effondrera il faudra enfin que la Russie prenne le chemin de la démocratie.

 

Plus que jamais une Europe fédérale forte apparaît comme la seule véritable solution pour une paix durable sur l'ensemble de notre continent.

Législatives: il y aura des candidats occitanistes

Il y aura des candidats pour représenter les idées régionalistes occitanes aux législatives 2022. 

 

À la suite des discussions qui se sont déroulées à Narbonne dans le cadre de la « Dintrada », il a été décidé d’occuper le terrain électoral au mois de juin pour les élections législatives.

 

Nous avons à promouvoir les idées de décentralisation, de développement équilibré des territoires, de politique cohérente pour lutter contre le changement climatique, de défense et de promotion de notre langue et d’autres encore.

La politique doit se faire chez nous et pas seulement à Paris.

 

Il y aura des candidat-e-s pour dire cela et porter ces idées.

 

À Narbonne, déjà une quinzaine de personnes ont partagé leur intention de se présenter et de faire campagne.

 

Nous pouvons, et nous devons être plus nombreux pour que dans toutes les régions de l’espace occitan, le message puisse passer et pour que le plus grand nombre d’électeurs puissent dire qu’ils veulent un véritable changement dans la façon de faire de la politique.

 

Nous nous retrouverons dans trois réunions régionales pour organiser la mise en place de cette séquence électorale qui sera ouverte à toutes et à tous ceux qui se reconnaissent dans la nécessité de donner aux territoires occitans une parole politique.

 

La discussion de la loi Molac a été possible grâce à une dynamique collective.

 

Notre initiative se fera dans le cadre d’une volonté qui se met en place dans d’autres régions et avec l’aide de Régions et Peuples Solidaires.

 

Je suis intéresséˑe par votre initiative et je veux être informéˑe de la suite : https://bit.ly/cridaoc

Arrêt des sommets France-Afrique!

Le sommet France-Afrique, qui  devait avoir lieu cette année à Bordeaux, se tiendra finalement à Montpellier (les 7 et 9 octobre). Dans aucune ville occitane,  un tel événement n’a lieu d’être.

 

Ces sommets, jusqu’à présent occasions de rencontres entre les locataires de l’Elysée et les dictateurs qui leur sont inféodés, ne font qu’entériner des plans qui desservent les intérêts des peuples francophones, comme l’intérêt bien compris du peuple français.

 

Cette gestion d’un autre âge vit une crise historique, à en juger par les coups d’État qui s’accumulent dans la dernière période, au Mali, au Tchad, en Guinée, au Niger.

 

La monnaie coloniale, le franc CFA, qui entrave tout développement durable et autocentré ainsi que la coopération Sud-Sud, fait l’objet d’un rejet grandissant, de même que l’occupation militaire du Sahel et en particulier du Mali depuis 2013. L’opération Barkhane, censée combattre le terrorisme islamiste, a échoué, aussi bien que l’intervention militaire des USA en Afghanistan. Tout aussi condamnable est le rejet qu’orchestre Frontex, au nom des pays de l’Union européenne, des exilés politiques et des migrants de la misère, qui fuient des pays dévastés.

 

Quant aux excuses formulées par le président Macron à l’égard des responsabilités françaises dans le génocide des Tutsis au Rwanda, elles doivent être suivies de réparations morales et matérielles.

 

Pour toutes ces raisons, le Partit occitan s’associe au contre sommet de Montpellier et demande l’arrêt de la censure sur l’actualité africaine dans les médias publics, ainsi que de ces sommets néocoloniaux. C’est aux pays africains, francophones ou autres, à décider en toute indépendance, dans leurs propres instances, de leur avenir. Sur ces bases assainies, et en fonction de leurs demandes, pourra se mettre en place une authentique coopération Sud-Nord.

Une rentrée dans l’illégalité

La rentrée de l’enseignement immersif est une rentrée qui se fait sous la menace d’une illégalisation, produit de l’action du gouvernement qui a censuré la loi Molac, pourtant votée très majoritairement par les députés.

 

Le ministre de l’Éducation a fait de cette rentrée 2021 une rentrée particulière pour l’enseignement immersif en occitan ainsi que pour les autres langues dites régionales. Pour toutes les écoles associatives qui enseignent en occitan il s’agit d’une rentrée illégale selon le Conseil Constitutionnel.

 

Le vote de la loi Molac, au printemps dernier, permettait d’élargir l’enseignement par immersion au service public d’Education et de l’offrir à toutes les familles qui le souhaitent.

Par l’action du ministre de l’Éducation, le Conseil Constitutionnel a cassé le texte du député breton et a indiqué que l’enseignement par immersion contrevenait à l’article 2 de la constitution. L’enseignement immersif est donc sous la menace d’une illégalisation.

Personne n’avait réussi à ce jour à mettre en péril des années de travail menées par des centaines d’associations, des milliers de parents, des centaines d’enseignants avec l’appui de tout un mouvement culturel.

 

 La loi Molac a été cassée par l’action d’un ministre. Il n’a pu agir sans l’aval du chef du gouvernement et sans le consentement du chef de l’État. Celui-ci a tardivement fait des déclarations  qui se voulaient favorables aux langues, mais ses déclarations antérieures et l’approche de l’élection présidentielle font douter de sa sincérité.

 

Rien ne changera sans une forte mobilisation.

 

Laisser croire qu’une réforme de la constitution se fera dès le lendemain de la période électorale de 2022, si l’on reconduit les mêmes, est une farce. Quant aux autres candidats leur positionnement devra être très clair sur le sujet et étayé par un engagement fort et un discours argumenté.

 

L’histoire électorale de la Vème République est pleine de promesses non tenues en ce domaine.

 

La seule issue est une réforme rapide de la constitution et celle-ci ne pourra s’obtenir qu’en faisant pression sur ceux qui ont cassé la loi Molac et en maintenant vivante la revendication dans le débat politique.

La loi sur les langues : l’aboutissement d’un long combat

Le vote de la loi Molac par les députés peut être considéré comme historique à plusieurs titres. D’abord, la loi précédente, la loi Deixonne, date de 1951, c’est à dire qu’elle fut adoptée il y a 70 ans.

 

Cela montre combien la France était jusqu’à hier bloquée sur ce sujet des langues. Plus de 70 propositions de loi sur le même thème ont échoué depuis 1958. 

 

Le vote est historique puisqu’il est le résultat de longues années de combat du monde associatif et du monde politique dans les diverses régions. À l’Assemblée Nationale les arguments éculés qui avaient servi jusqu’à ce jour à repousser toute avancée, n’ont pas eu l’effet escompté.

Séparatiste, la défense des langues régionales ?

 

L’allusion ridicule du ministre de l’Éducation au séparatisme a même eu l’effet inverse. Certains députés se sont sentis insultés. Historique aussi parce qu’une nouvelle génération de parlementaires est apparue depuis une dizaine d’années. C’est cela qui a rendu le vote possible.

 

Paul Molac, député Régions et Peuples Solidaires (groupe Libertés et Territoires)

 

Paul Molac a  su présenter un texte qui proposait de légaliser des expériences qui ont prouvé leur efficacité. L’immersion par exemple. C’est une évidence que jusqu’à ce jour l’Éducation Nationale refusait. Le mouvement associatif a prouvé que c’était la bonne voie.

 

L’apprentissage par immersion gagné de haute lutte contre Blanquer

 

Mais nous ne sommes pas au bout du combat. Une loi n’est pas la réalisation de ce qui est permis. Ce n’est que le début d’un autre combat pour son application. Il va falloir former des enseignants, former des professionnels dans divers domaines et faire en sorte que les décrets d’application ne traînent pas en longueur.

 

Reste aussi à passer les obstacles que certains vieux opposants ne manqueront pas de mettre en travers de la route, comme l’utilisation de l’article 2. Il n’empêche qu’il faut saluer la patience de Paul Molac et sa détermination.

 

Le vote a été obtenu avec une majorité indiscutable.

 

C’est un résultat très significatif. Le gouvernement et le président de la République ont subi un camouflet historique à la hauteur de l’indifférence, et parfois du mépris, dont à fait preuve E. Macron sur ce sujet des langues. 

Loi Molac sur les langues régionales: le POc écrit aux députés de l'espace occitan

Madame, Monsieur,

 

Vous êtes la députée ou le député d’un territoire où l’on parle l’occitan. Peut-être dites vous langue d’Oc ? Peu importe, c’est la même langue.

 

Vos collègues sénateurs viennent de voter un texte concernant les langues dites régionales. Ils disposaient d’une proposition de loi venant de votre assemblée . Malheureusement cette proposition avait été un peu (beaucoup trop selon nous) remaniée avant de leur parvenir.

Votre collègue Paul Molac avait pourtant fait un bon texte, excellent même. Il est vrai qu’il connaît bien le sujet et qu’il est soutenu dans sa démarche par de très nombreuses associations de nos territoires.

 

Cela fait des années et des années que les langues de France sont en souffrance. Aujourd’hui elles risquent de disparaître. Le texte qui vous viendra du Sénat est un bon texte, courageux, novateur.

 

Il réparera, si vous le votez, des erreurs commises par le passé. Il ne s’agit pas de faire dans la repentance ni rien de ce genre. Il s’agit simplement de compléter ce qui a été introduit en 1951 par la loi Deixonne et en 2008 par l’article 75-1 de la constitution.

 

Les langues de France sont parlées par des citoyens de la République qui ne demandent que l’application des principes républicains. Les femmes et les hommes sont égaux, ils doivent être libres parler, de cultiver et de transmettre leurs langues. Quant à la fraternité on apprend à l’exprimer dans toutes les langues, et en occitan aussi, bien évidemment.

 

À l’heure où l’humanité cherche des solutions novatrices pour sauver la diversité biologique vous avez bien compris que la diversité est un tout. On ne sauvera pas la diversité biologique si l’on ne sauve pas la diversité des cultures et des langues. Les langues ne sont-elles pas notre premier biotope, pour nous les humains ?

 

Lutter contre le réchauffement climatique est nécessaire ; pour cela il faut aussi lutter contre le refroidissement culturel qu’est l’uniformisation. À ce jeu de l’uniformité personne n’y gagnera. Pas même la dernière langue qui sortira « victorieuse » de cette guerre archaïque contre les langues, ou entre les langues.

 

Vous serez peut-être tenté, ou peut-être certains vous conseilleront-ils de supprimer telle ou telle disposition du texte qui vous arrivera du Sénat. D’aucuns verront des dangers pour la langue française, d’autres pour l’unité nationale. Ce sont des arguties d’un autre temps, des épouvantails archaïques. Ce ne sont pas les langues qui fracturent les sociétés. Nos sociétés sont fracturées par ceux qui ne comprennent pas que les langues et les cultures sont d’égale valeur. Ce sont ceux qui les hiérarchisent, mettant d’un côté celles qui auraient le droit de vivre et de l’autre celles qui n’auraient que le droit de disparaître. C’est une façon de hiérarchiser les femmes et les hommes qui les parlent.

 

Nous aurions donc pu vous faire une belle lettre, un peu technique évoquant les bienfaits de l’enseignement dans une des langues dites régionales. Nous aurions pu vous parler de la magnifique histoire de la langue occitane, des troubadours à Joan Bodon en passant par Frédéric Mistral. Nous aurions pu vous citer Jaurès. Mais nul doute que vous saurez vous documenter par vous-mêmes. Vous êtes représentants du peuple et dans ce peuple les citoyennes et les citoyens qui parlent notre langue, ou y sont attachés, sont nombreux.

 

Nous vous demandons d'être présent le 8 avril et de voter le texte conforme (intégralement).

 

Nous vous avons parlé au futur, avec les arguments de la liberté qui nous reste, à savoir celle de penser, en français, en occitan, en breton, en corse, en basque et dans tant d’autres langues qui sont celles d’hommes et de femmes qui sont attachés aux valeurs universelles de liberté.