Gilles Simeoni : "Ne pas voter pour François Alfonsi est une faute politique grave"

A l'occasion du meeting de clôture de campagne de François Alfonsi, candidat de Femu a Corsica aux élections européennes 2019, plus de 120 personnes étaient réunis ce mercredi 22 mai, à la salle polyvalente de Lupinu. Dernier virage avant les élections qui auront lieu les 25 et 26 mai prochains, celui qui représente la liste écologique conduite par Yannick Jadot -Europe Ecologie Les Verts : Régions et Peuples Solidaires- est revenu sur l'importance pour la Corse d'avoir son mot à dire dans les hautes-sphères européennes.

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"La biodiversité n'est pas uniquement naturelle, elle est aussi culturelle"

TRIBUNE - Le patron d'EELV David Cormand et deux autres colistiers écologistes appellent à "reconnaître êtres humains et animaux". Ils souhaitent que l'Europe "pense le changement depuis les territoires".

 

La tribune du patron d'Europe Ecologie - Les Verts, David Cormand, de Lydie Massard et de François Alfonsi, tous candidats aux élections européennes sur la liste emmenée par Yannick Jadot : "Les écologistes comme les autonomistes aiment rappeler que pour être efficace, il est nécessaire de 'penser local et agir global'. Ce slogan a tellement été utilisé par les uns et les autres qu'au fil du temps, il s'est affadi. Il reste pourtant une boussole pour quiconque a l'ambition de réconcilier l'être humain avec son milieu.

Or, trop souvent encore, nos sociétés occidentales opposent les concepts de 'nature' et de 'culture'. C’est la raison pour laquelle celles-ci ont tendance à devenir 'hors sol', déracinées. On peine encore aujourd'hui à imaginer un monde où l'être humain ne chercherait plus à dominer son environnement, mais à s'y fondre, à s'y adapter. C'est que nous n'avons pas encore appris à parler avec ce qui nous est différent, notre vision est toujours résolument anthropocentrée.

Aujourd'hui, pourtant, on sait que les animaux disposent eux aussi d'un langage qui leur est propre et que les arbres communiquent entre eux. Hélas, le dialogue inter-espèces reste encore trop timide. Et si la nôtre a besoin de se nourrir, de se chauffer, de se vêtir, la notion de 'respect' de ce que la Nature nous apporte a disparu avec l'accélération du productivisme.

Pourtant, l'être humain est, comme n'importe quelle autre espèce animale ou végétale, un produit de son lieu de vie. Et de même que chaque territoire possède ses spécificités, chaque individu qui y vit dispose des siennes. C’est cette diversité que la liste 'Votez pour le climat' souhaite promouvoir car la planète Terre abrite des biotopes multiples et complexes et c'est ce foisonnement qui fait toute sa richesse.

Mais la biodiversité n'est pas uniquement naturelle, elle est aussi culturelle. Parler une langue, n'est-ce pas finalement lire un paysage? Le vocabulaire n’est-il pas lui aussi le produit du milieu dans lequel chacun évolue? Du langage transparaît une façon de vivre le monde, de l’appréhender. En breton, les feuilles des arbres sont bleues, la richesse sémantique pour exprimer des sentiments en langue occitane est incroyable et plus loin de nous, le peuple Sami dispose de plus de cent mots pour parler de la neige! Tous les peuples du monde expriment leur réalité, leur quotidien à travers des langues différentes.

Concrètement, accepter l'idée qu'une langue vaut plus qu'une autre reviendrait à affirmer qu’un panda 'vaut plus' qu’un lombric. Sur quels critères objectifs? Aujourd’hui, la loi protège les éléphants ou les dauphins, portés au rang de symboles, mais aucune directive ou loi ne s’intéresse au sort des insectes décimés par les pesticides ou l’urbanisation galopante. Dans le même ordre d'idées, qui se soucie du sort du phyto et du zooplancton pourtant base de la chaîne alimentaire maritime?

Dans le monde actuel, ce qui est petit ou fragile est méprisé, écrasé, ce qui est minoritaire est moqué, stigmatisé. De la même manière, les langues d'Etat sont officielles dans l’Union européenne, mais les autorités refusent aux langues dites 'régionales' un statut officiel en France… alors même que leur préservation est une condition sine qua non pour devenir membre de cette même Union! N’est-ce pas la preuve qu’au sein de notre propre espèce, humaine, nous ne parvenons pas à concevoir la diversité?

Le climat est un enjeu mondial. Presque plus personne ne remet cela en question. La méthode en revanche diffère sur le niveau pertinent pour répondre à cet enjeu. Nous voulons, nous, penser le changement depuis les territoires et agir sur l'Union européenne pour qu’elle en tienne compte dans ses politiques publiques. Nous n'oublions pas qu’êtres humains et animaux vivent quelque part, qu’ils ont besoin de proximité, de reconnaissance. Ils crient constamment leur envie d'exister. La reconnaissance, c’est la clef du respect.

Nous renvoyons dos à dos ceux qui exagèrent les différences pour leur profit et ceux qui souhaitent uniformiser et niveler vers le bas la richesse culturelle. Reconnaître chacun pour ce qu’il est et tenter de vivre ensemble, sur la même planète, 'unis dans la diversité'. C’est à cela qu'aspirent les écologistes et les autonomistes."

* Par David Cormand, secrétaire national EELV ; Lydie Massard, UDB/Régions et Peuples solidaires ; François Alfonsi, Femu a Corsica/Régions et Peuples solidaires. Tous sont candidats sur la liste Votez Climat portée par Yannick Jadot

Européennes : pourquoi les autonomistes corses et les régionalistes soutiennent-ils la liste EELV ?

L'autonomiste Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse, était présent mardi soir au dernier meeting de la liste écologiste de Yannick Jadot. Des militants régionalistes sont également présents sur cette liste. Des soutiens qui s'inscrivent dans une logique d'alliance déjà ancienne.

 

"Les Corses ont fait de l'écologie comme Monsieur Jourdain faisait de la prose : sans le savoir." Le dernier meeting de campagne d'EELV, mardi soir, comptait parmi ses invités d'honneur l'élu nationaliste Gilles Simeoni. A la tribune, le président du Conseil exécutif de Corse est venu apporter un ultime soutien à la liste conduite par Yannick Jadot, qui compte parmi ses membres six personnalités régionalistes, dont François Alfonsi - à la 9e place, position éligible -, ex-député européen déjà élu en 2009 avec les écologistes, et membre de Femu a Corsica, parti autonomiste corse. 

"Nous sommes ici", a déclaré Gilles Simeoni, "comme des militants qui ont participé à une histoire qui, depuis 50 ans, s'est confondue avec les combats de l'écologie". Le patron de l'exécutif corse a cité plusieurs de ces combats, dont la mobilisation contre les projets d'essais nucléaires en Haute-Corse dans les années 1960, la lutte contre les boues rouges dans les années 1970 et, "pendant trente ans", la lutte "avec de moyens pour certains illégaux, pour empêcher l'urbanisation sur nos côtes". Jusqu'à la mobilisation actuelle "pour faire que les ressources naturelles soient protégées".  

 

Début mai, Yannick Jadot avait déjà vanté, dans une interview accordée à Corse Matin, "une histoire ancienne et sincère de convergences sur l'écologie, la reconnaissance de la diversité et l'autonomie, c'est-à-dire le pouvoir à l'échelle des territoires". 

Comme le soulignait récemment Le Point, cette histoire d'amour entre une partie des élus corses - pas tous- et les écologistes ne date pas d'hier et ne constitue pas vraiment une surprise. Au-delà des combats environnementaux qui ont vu des militants corses et écologistes converger depuis un demi-siècle, une stratégie d'alliance politique s'est forgée il y a déjà trente ans, à l'occasion des élections européennes. En 1989, à la suite d'un accord entre l'Union du peuple corse et les Verts d'Antoine Waechter, Max Simeoni, l'oncle de l'actuel président de l'exécutif corse et frère d'Edmond Simeoni, l'un des pères du nationalisme corse récemment décédé, s'était porté candidat aux européennes. Entre 2009 et 2014, cette association a permis aux élus corses de compter un député au Parlement européen. En outre, fin 2015, les écologistes ont compté parmi les premiers soutien aux nationalistes nouvellement élus à la tête de la collectivité. 

 

Au-delà du candidat corse François Alfonsi, EELV compte sur sa liste six personnalités régionalistes issues de Régions et peuples solidaires (R&PS), une fédération de mouvements qui prône le "dépassement de l'Europe des Etats" et promeut "l'autonomie" des territoires contre "le centralisme parisien". Parmi ces personnalités : Lydie Massard, membre de l'Union démocratique bretonne, Lucien Betbeder, élu du Pays Basque ou encore Amélie Cervello, qui défend la création d'une collectivité du Pays Catalan. 

 

"Les élus régionalistes et écologistes sont déjà rassemblés au sein du groupe Verts-Alliance libre européenne (ALE) au Parlement européen", explique à LCI la porte-parole d'EELV, Sandra Regol. "C'est cohérent, puisque nous défendons la diversité culturelle et les territoires avec des gens qui ont les mêmes combats que nous. Nous avons en commun de porter l'Europe des régions, en partant du principe qu'il faut donner plus de pouvoir à l'action politique locale." Derrière cette revendication, écologistes et régionalistes prône une évolution institutionnelle similaire : une Europe "fédérale" dotée de compétences dépassant le cadre des Etats. 

 

L'actuel groupe Verts-ALE compte 52 sièges répartis entre plusieurs mouvements, écologistes européens, autonomistes de Galice, du Pays Basque, ou encore indépendantistes catalans, écossais et gallois. "Dans beaucoup de régions européennes, les écologistes sont avant tout des régionalistes", explique à LCI Pèire Costa, directeur de R&PS. "C'est logique, puisque l'écologie part des territoires. Les deux familles sont nées de la lutte de terrain, comme par exemple avec 'Gardarem Lo Larzac', un combat mené avec les autonomistes occitans." Au sein de ce groupe, "les votes sont cohérents", assure également Pèire Costa. "Bien qu'il s'agisse de familles politiques différentes, il y a une affinité intellectuelle."

 

Malgré la convergence idéologique, les mouvements écologistes et régionalistes peuvent malgré tout avoir certaines "divergences", note Sandra Regol. Les écologistes sont notamment attachés à la permanence de "chefs d'orchestre" au niveau national ou européen pour "lutter contre les inégalités sociales". "La différence, peut-être, avec les écologistes, c'est que nous avons ajouté le combat pour la démocratie, la liberté de décider soi-même, d'où le concept d'autodétermination", observe Pèire Costa. L'autodétermination, illustre ce dernier, permettrait par exemple de décider de l'installation d'une centrale nucléaire, ou même de définir le périmètre d'une collectivité locale. Un concept absent du socle programmatique des écologistes français pour le scrutin européen. 

Européennes. Soutien des maires de Carhaix et Langonnet à la liste EELV

Un point presse, tenu sur le site de Vorgium afin d’illustrer ce à quoi peuvent contribuer les subventions européennes, a donné l’occasion aux maires de Carhaix et Langonnet de contribuer à la campagne d’EELV pour les élections de dimanche prochain, en présence de trois membres de cette liste. Le secrétaire régional d’EELV et des militants UDB étaient venus en renfort.

 

 

En préambule à la réunion publique organisée samedi à 18 h à la mairie de Carhaix, un point presse réunissait deux membres de la liste de Yannick Jadot pour les élections européennes, la Pontivyenne Lydie Massard (14e position) et l’ex-député européen, maire corse d’Osani, François Alfonsi (9e position), les maires de Carhaix et Langonnet, Christian Troadec et Christian Derrien, le député de la 4e circonscription du Morbihan, Paul Molac, le secrétaire régional d’EELV, Yves Nédellec et quelques membres de l’UDB. Ils ont été rapidement rejoints par un autre colistier, William Lajeanne (17e position). L’occasion pour ces personnalités de (re) préciser leurs positions dans le cadre de cette courte campagne qui arrive à sa dernière semaine.

De gauche à droite : Lydie Massard, François Alfonsi, Christian Troadec, Christian Derrien, Paul Molac, Yves Nédellec et William Lajeanne. © Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/carhaix/europeennes-soutien-des-maires-de-carhaix-et-langonnet
De gauche à droite : Lydie Massard, François Alfonsi, Christian Troadec, Christian Derrien, Paul Molac, Yves Nédellec et William Lajeanne. © Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/carhaix/europeennes-soutien-des-maires-de-carhaix-et-langonnet
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François Alfonsi aux européennes : "Le message des écologistes fait écho aux priorités de la majorité nationaliste"

François Alfonsi (Femu a Corsica) en neuvième position sur liste Europe Ecologie Les verts est le seul corse susceptible de siéger au prochain Parlement européen. A huit jours de la consultation François Alfonsi, qui sollicitera pour la circonstance un second mandat, s'exprime sur CNI. Pour lui une seule question se pose aux électeurs nationalistes : la majorité à l’Assemblée de Corse, qui compte aussi trois députés, sortira-t-elle oui ou non renforcée si un député européen nationaliste est élu dimanche prochain ? Pour lui la réponse ne fait aucun doute...

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