Sous le coup de l’émotion beaucoup réclament des mesures drastiques mais la mémoire semble de plus en plus courte. Que se passera t-il dans six mois ?
La polémique politique voudrait que l’on accuse tel ou tel du manque de moyens pour combattre les feux géants qui brûlent en Gascogne et en Provence. Certes les moyens manquent. Mais face à de tels feux il manqueront toujours.
On peut accuser les gouvernements successifs de ne pas avoir su prévoir et commander le matériel nécessaire mais cela ne servirait à rien. L’arrivée de matériel toujours plus performant, la course technique et technologique ne sera pas la solution. Des avions plus gros, des camions plus nombreux ne viendront pas à bout des mégafeux qui nous attendent si rien ne change.
Comme pour toutes les autres crises on jure, sur le moment, que rien ne sera plus comme avant ; le risque majeur est que dans six mois tout soit oublié.
Le changement climatique est entré dans le quotidien de chaque habitant de la planète. C’est la politique énergétique qui est à revoir. Un vrai tournant est nécessaire et la sobriété doit en être le pilier majeur.
En ce qui concerne ces incendies, c’est l’urbanisme qui est à repenser. Des zones touristiques ont été construitres sans mesurer les risques que cet habitat dispersé faisait courir en cas de feux. Cela vaut aussi en matière d’inondations.
Avec un habitat dispersé, dans les pins ou la garrigue, le combat contre le feu devient de plus en plus compliqué et surtout dangereux pour ceux qui y participent. Le coût humain, social, écologique et économique sera de plus en plus élevé si l’on ne change pas radicalement.
On a urbanisé sans jamais prendre en compte la question de la raréfaction de l’eau, celle de l’assainissement et des transports. Tout cela sera de plus en plus coûteux.
Il convient de mettre en place des pratiques de prévention sans délai en particulier dans les territoires désertés. Il faut y remettre des cultures et de l’élevage. L’investissement sera bien moindre que le coût des catastrophes.
Un autre volet est la pédagogie et les apprentissages des moyens de protection. Trop de terrains proches de lieux d’habitation demeurent sans aucun entretien et leurs propriétaires semblent méconnaitre les gestes de prévention basique pour éviter la propagation d’un feu.
Alors, y aura t-il une vrai prise en compte de ces questions ou aurons nous perdu la mémoire dans six mois ?