Depuis environ 60 ans, sur l’île toulousaine d’Empalot, une usine (aujourd’hui propriété d’ArianeGroup) fabrique du perchlorate d’ammonium (NH4CIO4), un carburant solide destiné à faire décoller les fusées ou alors des missiles ballistiques. Cette usine est classée « Seveso », c’est à dire qu’elle présente des risques d’incidents majeurs et des activités liées à la fabrication, la manipulation, le stockage ou l’usage de substances dangereuses.
Récemment a été lancé le projet d’une seconde ligne de production qui augmenterait de 60% la quantité de produit fabriqué au sein de cette usine… le tout sans consultation des riverains. Tout cela s’est décidé entre ArianeGroup, la préfecture de Haute-Garonne et la mairie de Toulouse. Il a fallu qu’un collectif citoyen (Stop Nouveau Seveso) tombe sur un permis de construire à l’occasion d’une veille administrative pour se rendre compte que l’affaire semblait déjà entendue.
Pour la préfecture de la Haute-Garonne, cette extension de la production n’implique pas d’aggravation de risques et d’accidents majeurs. Exit l’étude d’impact donc, alors que la ligne de production actuelle présente elle de hauts risques comme des fuites toxiques qui aurait des effets irréversibles sur la santé des salariés comme sur celle des riverains. Le collectif Stop Nouveau Seveso a donc interrogé la préfecture sus cette posture contradictoire. Pas de réponse.
Pour le Partit Occitan, ce manque de transparence ne peut mener qu’a une conclusion : les leçons d’AZF n’ont pas été apprises. C’est à la suite de ce drame, qui a profondément marqué la ville de Toulouse, que l’État a pris des mesures destinées à la prévention des risques industriels. Une prévention qui, théoriquement, implique aussi les citoyen.ne.s. Si ces dernières et ces derniers sont mi.se.s devant le fait accompli, quelle valeur ont alors les plans de prévention des risques technologiques (PPRT) ?
ArianeGroup, la préfecture de Haute-Garonne et la mairie de Toulouse doivent au moins répondre à la population et assurer que les risques sont anticipés et en réduire la probabilité. Ils le doivent bien à toutes les victimes de la catastrophe d’AZF.