Le PNC est naturellement présent, depuis le début des travaux dans l’hémicycle, en soutien au projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse, aux côtés de son député Paul-André Colombani.
Les premières prises de parole au Palais Bourbon ont installé un décor que l’on pensait, pour partie, révolu.
Certaines caricatures ont ainsi été recyclées, notamment sur les bancs des extrêmes, au risque de nuire à la sérénité d’un débat pourtant essentiel pour l’avenir de la Corse.
Dans ce contexte, un amendement modifiant la rédaction du premier alinéa a été adopté.
Il accole notamment le terme «insulaire» à celui de «communauté» et substitue la formule du lien à «la terre» à celle du lien à «sa terre».
Politiquement, cette modification détricote une partie de l’accord politique de Beauvau.
Elle nous fait entrer dans une logique de «compromis sur le compromis», selon l’expression employée, à juste raison, par un élu de la majorité territoriale.
Sur le plan juridique, la nouvelle rédaction induit pour notre part une vigilance particulière.
En accolant le terme «insulaire» à celui de «communauté», elle risque de réduire la réalité du peuple corse à une dimension strictement géographique, alors même que le député Colombani avait défendu sa reconnaissance explicite.
Nous serons particulièrement attentifs, entre autres points, à ce que cette formule n'efface pas le lien profond qui unit la Corse à sa diaspora et aux centaines de milliers de nos compatriotes, évoluant partout dans le monde.
En ce qui concerne le volet foncier, nous aurions privilégié le maintien de la formule initiale, consacrant le lien qui unit le peuple corse à «sa terre» dans sa dimension symbolique, affective et politique.
Le passage à «la terre» affaiblit selon nous une partie de cette construction.
Cependant, nous reconnaissons que ces modifications ont permis de sortir temporairement de l'impasse.
Nous pouvons ainsi poursuivre dans la voie parlementaire et susciter une adhésion nouvelle, en recréant les conditions d’un consensus politique.
C’est dans cet esprit de responsabilité que le député Paul-André Colombani a voté, après un large débat interne, en faveur de cet amendement.
Nous tenons toutefois à rappeler solennellement deux principes.
D’abord, comme l’a rappelé notre député, nous avons l’impérieux besoin d’un texte qui «tienne sur ses deux jambes» : une jambe symbolique et une jambe opérationnelle.
Si à l’altération de sa dimension symbolique, devait désormais s’ajouter la diminution, voire la suppression, de la portée opérationnelle, nous serions alors face à un texte en contradiction avec la solution politique recherchée.
Par ailleurs, nous devons continuer dans la voie du dialogue avec l’ensemble des forces politiques impliquées.
Le PNC appelle chacun à faire preuve de responsabilité et de lucidité, loin des calculs partisans et des arrière-pensées présidentielles, qui détourneraient ce débat de son véritable enjeu: bâtir une solution politique pour la Corse, à travers un véritable statut d’autonomie