Les positions du RN à propos des langues dites régionales, leur développement, leur promotion, leur diffusion, leur enseignement… nous les connaissons. Is sont opposés à quelque co-officialité que ce soit, comme il l’ont fait savoir lorsque Serge Letchimy (président du conseil exécutif de la Collectivité de Martinique) a demandé la co-officialité pour la langue créole.
Marine Le Pen, qui s’était déjà opposée à la signalisation bilingue, s’est aussi opposée à l’enseignement des langues dites régionales dans l’entre-deux tours de la présidentielle de 2022. « Leur apprentissage ne pose aucun problème, à condition qu’il se fasse dans le parascolaire ou le milieu associatif. Pas à l’école, qui doit se concentrer sur l’enseignement des savoirs fondamentaux ». (source : Ouest France).
Peu de temps après les prises de nouvelles municipalités (Carcassonne, Castres, Carpentras, Montauban, La Seyne, Nice, etc.) les maires RN et UDR marquent leurs territoires. Leurs premières cibles : les associations, le secteur culturel au sens large ou encore les organisations syndicales.
En ce qui concerne les associations, les chiffres sont éloquents. Dans 90% des cas, l’arrivée d’un maire RN rime avec une diminution drastique du nombre d’associations subventionnées par la commune (source : Le Poing). Ainsi, dans la ville de Morières-lès-Avignon, ce nombre a baissé de 17% ; à Bédarrides, de 33%… le record absolu est détenu par la municipalité d’Orange où l’extrême-droite est aux affaires depuis 36 ans avec une baisse de 70% !!!
Le secteur de la culture est le premier à souffrir des cures d’austérité imposées par les maires RN. Leur action est menée en deux temps. Premier temps : division par deux (parfois plus) des subventions. Second temps : ingérence dans la programmation des structures culturelles. À Morières, la compagnie de théâtre Okkio a perdu sa (maigre) subvention de 2500 euros versée par la commune et n’a plus pu disposer de locaux municipaux.
Certains maires RN fraîchement élus se complaisent à gérer la ville avec une brutalité décompléxée. Le nouveau maire de Carcassonne, Christophe Bartès, multiplie les mesures d’exclusion, au propre comme au figuré. Après la manifestation contre l’extrême-droite impulsée par des jeunes, le maire a ordonné le retrait des locaux municipaux aux syndicats qui l’ont soutenue, à savoir la CGT, la CFDT, la FSU et Solidaires. Alan Roch fait le triste inventaire des mesures prises par Monsieur Bartès dans Jornalet, nous vous en recommandons la lecture.
Au final, l’arrivée potentielle de l’extrême-droite à la « fonction suprême » doit être un souci permanent pour toutes celles et tous ceux qui travaillent en faveur de la langue et de la culture occitanes.
LePartitOccitanappelle toutes les militantes et tous les militants de la culture et de la langue occitanes à prendre en compte le péril que représente l’extrême-droite pour tout ce qu’elles et ils ont construit depuis plus de cinquante ans.