Lancement de la campagne « Changeons les règles du jeu »

Le 3 février dernier, nous écrivions au Préfet des Pyrénées-Atlantiques au sujet du foncier et du logement.

 

Plus précisément, nous sollicitions de sa part trois mesures immédiates afin d’accompagner le vote du règlement d’usage, ou règlement de compensation, qui était programmé à la CAPB le 5 mars.

  1. Élargissement de la zone tendue afin que toutes les communes connaissant des problèmes de tensions immobilières disposent des leviers disponibles dont celui de la compensation.
  2. La mise en place rapide de l’encadrement renforcé des loyers pour que les logements proposés à la location à l’année soit financièrement accessibles pour les habitant.es
  3. Afin de freiner l’augmentation du nombre de résidences secondaires, réfléchir à la mise en place d’un dispositif tel que le Statut de Résident.e qui permette de mener une réflexion sur l’accession à la propriété.

Eric Spitz nous avait répondu le 15 février. Si dans sa réponse des points positifs peuvent être soulignés, des questionnements sont restés sans réponse.

 

Le droit au logement n’est pas secondaire !

 

C’est sur la bataille contre les résidences secondaires que la réponse du Préfet nous semble pas vraiment à la hauteur de l’enjeu. Il faut rappeler que ce sont plus de 41000 logements qui sont aujourd’hui occupés moins de 4 mois dans l’année. Autant de logements confisqués à la population qui souhaite vivre ici. EHBAI continue de penser, tout comme les Corses et les Bretons, que la régulation de l’accès à la propriété est une nécessité et que pour ce faire le Statut de Résident.e est la mesure la plus juste et adaptée. Le préfet nous a répondu que cette mesure n’est pas constitutionnelle. Nous rappelons qu’aucune étude juridique ne le prouve. D’ailleurs, par le passé, des propositions que nous avions pu formuler -comme la surtaxe sur les résidences secondaires- étaient jugées anticonstitutionnelles et finalement ont pu être mises en place sans modification de la Constitution.

 

C’est aussi un enjeu écologique que d’agir sur logements existants. En effet, afin de limiter au maximum l’artificialisation des sols et la construction de nouveaux logements, nous devons revoir l’usage des habitations en donnant la priorité aux vrais besoins des habitant.es et à leur droit fondamental qu’est le droit à un logement digne et abordable.

 

Une nouvelle campagne pour ces prochaines semaines

 

Après avoir lancé le 10 Avril 2021 devant le siège de l’agglomération la campagne « Urgence Logement » pour entamer une prise de conscience collective sur la problématique du logement, nous entamons aujourd’hui une nouvelle séquence pour proposer des solutions et obtenir des victoires concrètes.

 

La campagne aura pour slogan principal « Changeons les règles du jeu ». Car nous sommes déterminé.es à avancer dans la régulation du marché libre pour que les habitant.es puissent vivre et se loger au Pays Basque. Le vote du règlement de la compensation du 5 mars dernier nous a montré qu’une nouvelle phase s’ouvre à nous, que les règles commencent à changer. Car lorsque les élu.es et les institutions se font véritablement le relais des mobilisations populaires et des associations de terrains pour agir dans l’intérêt général, des avancées concrètes sont possibles.

 

Nous avons choisi de reprendre les codes visuels du Monopoly pour dénoncer le fait que les règles du jeu actuelles en matière de logement, sont celles dictées par le marché libre où les plus riches et des spéculateurs sont rois et les plus précaires les grands perdants. Ce jeu est celui du siècle dernier, c’est maintenant à nous de jouer pour en inventer de nouvelles.

 

Cette campagne nous amènera à organiser d’autres actions ces prochaines semaines et les élections législatives seront également l’occasion de formuler des propositions précises qui répondent à la situation du logement à laquelle nous sommes toutes et tous confronté.es. Au-delà des actions EHBAI, nous poursuivrons également le travail collectif en maintenant notre participation active au groupe d’organisation de la manifestation du 20 novembre dernier.

 

Changeons les règles du jeu pour que le droit au logement ne soit pas secondaire !