IL Y URGENCE A ENRAYER LA DERIVE DE L’URBANISATION COMMERCIALE ET SES PROJETS SURDIMENSIONNES (BALEONE, LUCCIANA)

Alors que le modèle d’implantation des hyper surfaces, vieux de plus 40 années, connaît une crise sans précédent et périclite à travers le monde, notamment aux USA qui l’ont vu naître, en Corse, il croît et prospère.

 

Alors que le constat est fait que les conséquences négatives de ce type d’aménagement commercial ne sont plus à démontrer, puisque :

 

-générant le délitement de pans entiers du tissu commercial urbain,

-induisant mécaniquement des suppressions massives d’emplois directs et indirects,

-entrainant les cœurs de ville vers une mort lente et inéluctable,

-provoquant l’arrivée massive de travailleurs pauvres,

« consommant » des surfaces à vocation agricole toujours plus importantes,

-accélérant le phénomène de ghétoïsation des populations pauvres dans des à proximité de ces espaces commerciaux,

-engorgeant toujours plus un réseau routier sous-dimensionné,

-impactant les équilibres écologiques,

 

Alors que ce constat évident est aujourd’hui largement partagé, donc, la Corse fait sien ce choix économiquement, socialement, urbanistiquement, écologiquement dépassé et insoutenable.

L’apparition sous les feux de l’actualité insulaire du projet pharaonique de LUCCIANA, outre son caractère dramatiquement anachronique, constitue de plus une véritable insulte aux aspirations clairement affichées par le Peuple de rupture avec « l’ordre ancien ».

 

Mais la validation de ce type de projets nous interpelle également sur une problématique intimement liée, à savoir la mise en coupe réglée de la Corse par quelques entrepreneurs sans scrupules qui, non contents de truster tous les secteurs stratégiques ( BTP, Déchets, Transports maritimes, Presse, Grande distribution, etc…), s’arrogent également le droit de décider seuls des grands choix économiques de la Corse, se plaçant ainsi au-dessus de celles et ceux qui se sont vus déléguer démocratiquement ce pouvoir.

 

Plus concrètement, il appartient au Pouvoir Politique et à la représentation Territoriale de définir les contours d’une réelle maitrise de l’aménagement commercial ; cette question doit être au cœur du programme économique de la majorité territoriale mais également au centre de sa politique d’aménagement du territoire.

 

La Corse et les Corses ne peuvent plus indéfiniment rester les témoins passifs du saccage opéré par quelques-uns ; en ce sens, il appartient à tout ce que la Corse compte 

De « têtes bien faites » en ce domaine, mais également dans celui de l’urbanisme, du développement urbain, de la valorisation des cœurs de ville, du développement du commerce de proximité, etc…, de formaliser un « Grand Projet d’Urbanisme et de Développement Commercial ».

 

Cela passe d’abord de façon prosaïque par une mise à plat de la constitution des Commissions d’Aménagement Commercial actuellement présidées que par le Préfet.

Cela passe également par l’appropriation de ce dossier par la Collectivité de Corse dans le sens d’une gestion territorialisée des zones commerciales et la création d’une Commission Territoriale d’Aménagement Commercial au sein de laquelle pourrait être confiée au Conseil Exécutif de Corse une co-présidence, voire une présidence déléguée.

 

A cette nouvelle organisation de l’organisme décisionnaire que serait la future C.T.A.C. , la Collectivité pourrait associer la formalisation d’un Schéma Territorial d’Aménagement et de Développement Commercial de la Corse qu’elle pourrait mettre en œuvre dans le cadre de l’exercice de son pouvoir d’expérimentation.

 

Ainsi que nous pouvons le constater, il y urgence car des centaines et des centaines d’emplois sont en jeu.

 

Dès lors, il appartient à la Majorité Territoriale de provoquer la tenue dans les prochains jours d’une session extraordinaire afin d’initier un débat sur ce dossier crucial, voire vital.