Le 7 mai, se sont tenues les élections locales et autonomes britanniques. Le parti d’extrême-droite UK Reform de Nigel Farage en est le grand gagnant… Sauf au Pays de Galles et en Écosse où les partis nationalistes gouverneront pour les quatre prochaines années.
Au Pays de Galles, le parti Plaid Cymru (« parti de Galles » en gaélique) a empêché le parti UK Reform, centraliste et xénophobe, de s’emparer du parlement de Cardiff. Pour les quatre prochaines années, les 96 sièges du « Senedd » se répartissent ainsi : Plaid Cymru, 43 sièges ; UK Reform 34 ; Travaillistes, 9 ; Conservateurs, 7 ; Verts, 2 et un siège pour les Libéraux-Démocrates (centre). La gauche totalise donc 54 sièges sur 96. Le Plaid Cymru devrait pouvoir gouverner seul, comme la majorité travailliste sortante, sans avoir la majorité absolue à la Chambre. C’est une première historique pour le « Plaid » qui n’avait jamais eu la majorité au parlement de Cardiff depuis sa création en 1999.
En Écosse, le SNP (Scottish National Party - Parti Nationaliste Écossais) reprend le parlement autonome d’Édimbourg… et de façon tonitruante ! Avec un taux de participation de 63,4%, un record, le SNP allié aux Verts obtient une majorité plus que confortable avec 73 sièges sur 129. Le leader du SNP, John Swinney, a relancé le débat sur une consultation à propos de l’indépendance qu’il promet « dès 2028 ». Cependant, s’il veut organiser une consultation officielle, il lui faut l’accord du gouvernement central à Londres. L’hypothèse d’une consultation symbolique à la mode catalane semble plus probable.
Les travaillistes de Keir Starmer sont les grands perdants de ces élections autonomes et locales. Le « Labour » recule dans les parlements autonomes et dans bon nombre de conseils municipaux, même dans des cantons où il était aux affaires depuis un peu plus d’un siècle. La parti UK Reform a remporté l’adhésion de l’électorat populaire, en particulier dans les circonscriptions meurtries par le chômage de masse et l’inflation. On parle de la fin du bipartisme britannique avec des citoyens lassés du « statu quo » malgré l’alternance entre Labour et Tories (conservateurs).
De leur côté, les partis nationalistes et indépendantistes confirment leur percée en Grande-Bretagne après la victoire historique (elle aussi) du Sinn Féin en 2022 au parlement autonome de Stormont (parlement autonome d’Irlande du nord). Cela confirme que les électeurs gallois, écossais et nord-irlandais se méfient de plus en plus des partis « traditionnels » dont le regard est trop tourné vers Londres. Cela confirme encore que cet électorat considère les partis nationalistes ou indépendantistes comme un rempart crédible face au parti UK Reform de Nigel Farage. Les Écossais, notamment, ne lui pardonnent pas le Brexit puisqu’ils voulaient majoritairement rester au sein de l’UE. John Swinney estime que l’indépendance écossaise devient urgente avec la forte probabilité de l’arrivée de Nigel Farage au 10, Downing Street.