Nouvelle Calédonie : penser à long terme

Le référendum de dimanche n’est qu’une étape dans un long processus de décolonisation.

 

Le référendum en Nouvelle-Calédonie prouve qu’en politique le long terme est une nécessité absolue. C’est ce qu’avaient compris les responsables politiques réunis à l’initiative de Michel Rocard en 1988 lorsque les accords de Nouméa avaient été négociés et signés. 

Ce dimanche ces accords ont donné lieu à un référendum historique dans la mesure où, sans violence et avec une forte participation, les électeurs de Nouvelle Calédonie ont pu s’exprimer. 

 

L’idée d’indépendance progresse alors même que cette option était annoncée beaucoup plus bas dans les sondages. 

Il faut saluer la maturité des électeurs de Nouvelle-Calédonie et la réussite d’un processus qui demandait patience et pédagogie. La politique est efficace quand elle se fait en pensant au lendemain et au surlendemain et pas avec des coups médiatiques. 

 

Ce référendum ne règle pas tous les problèmes et particulièrement les questions sociales et économiques qui sont les restes d’une situation coloniale pas encore totalement révolue. 

 

La large autonomie qui a été accordée à ce territoire a permis des progrès indéniables mais il en reste beaucoup à faire. Les électeurs auront d’ailleurs certainement à se prononcer à nouveau dans les années qui viennent sur la question de l’autodétermination. 

 

Ce premier référendum n’est qu’un début. C’est une étape supplémentaire dans le processus de décolonisation à partir duquel doivent être proposés de vrais projets politiques et économiques permettant la reconnaissance des droits fondamentaux des Kanaks, quels que soient les choix institutionnels futurs de l’ensemble des électeurs.

Qu’un État naisse un jour ou pas de cette volonté ne doit pas faire oublier qu’en aucun cas Paris ne peut se substituer à la volonté des habitants du territoire. Il en est de même sur le plan culturel et linguistique. L’identité canaque doit être non seulement respectée mais promue. Cet aspect, notamment l’enseignement des langues canaques, ne peut-être facultatif. En ce domaine, la France accuse un retard lamentable, que ce soit en métropole ou ailleurs.