Journée mondiale de la démocratie : Il faut rapprocher le pouvoir décisionnel des citoyens et des territoires

“ La démocratie paraît actuellement plus vulnérable qu’elle ne l’a été depuis des décennies “, a déclaré António Guterres, Secrétaire général de l'ONU dans un message relatif à la journée mondiale de la démocratie.

 

C’est un constat qui s’impose à la France aussi où les électeurs sont, de plus en plus, sommés de choisir entre le « despotisme éclairé » de la mouvance macronienne et le “populisme réactionnaire“ des extrêmes.

 

 

Par ailleurs un autre constat s’impose, spécifique à l’Hexagone, celui du recul insidieux du peu de « démocratie territoriale » que le centralisme acceptait jusqu’ici : le pouvoir décisionnel s’éloigne de plus en plus des citoyens et des territoires.

 

Géographiquement et humainement d’abord. La commune, niveau institutionnel le plus proche des citoyens, a été dépossédée au profit de l’intercommunalité. Or, les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) et les métropoles ont récupéré une grande partie des compétences et des moyens financiers des municipalités sans que les citoyens puissent intervenir directement sans même que soit garantie en leur sein la prise en compte des intérêts des plus petites structures…

Les méga-régions (Grand-Est, Nouvelle Aquitaine, Auvergne-Rhône-Alpes, etc.), créées lors de la loi du 31 décembre 2015 par la fusion forcée de régions, participent également de l’éloignement géographique des citoyens. Un habitant d’Aurillac doit désormais consacrer plus de 4 heures de voiture ou 7h30 de train pour se rendre à « son » conseil régional à…Lyon ; soit deux à trois fois plus qu’avant.

Les nombreux redécoupages électoraux (cantons et circonscriptions législatives) ont tous eu pour conséquence d’éloigner les citoyens et les territoires de leurs représentants.

 

Politiquement ensuite. Ces dernières années, à maintes reprises, la démocratie territoriale a été bafouée et les traités internationaux violés par la France.  La Région Grand-Est, en particulier, a été mise sur pied contre l’avis des Alsaciens et de leurs représentants alors que la Charte de l’Autonomie Locale dispose que “pour toute modification des limites territoriales locales, les collectivités locales concernées doivent être consultées préalablement, éventuellement par voie de référendum là où la loi le permet“. De même, malgré la victoire démocratique des “nationalistes“ à chacune des élections récentes en Corse (territoriales 2015, législatives 2017, territoriales 2017), l’Etat refuse l’inscription d’un statut d’autonomie de la Corse dans la Constitution. Et la liste des méfaits du centralisme autoritaire maquillé de technocratie pourrait être largement étendue à tous les territoires à forte identité et à tous ceux qui aspirent à la prise en compte de leurs spécificités.

 

En ce 15 septembre, journée mondiale de la démocratie, l’ONU “appelle à renforcer et à trouver des solutions aux difficultés qui menacent“ la démocratie. Pour R&PS, les solutions passent par la subsidiarité/autonomie des territoires et la péréquation/solidarité entre eux. Les politiques doivent être menées au plus proche des territoires réels, dans un souci de responsabilité et d’efficacité, et confiées à des représentants locaux démocratiquement élus.

 

Les citoyens doivent enfin pouvoir intervenir à tous les niveaux du processus décisionnel et les territoires pouvoir faire entendre leurs voix, de la commune à l’Union Européenne. C’est cet appel que lancent “les Régionalistes“ en cette journée mondiale de la démocratie.

 

Gustave Alirol, président de R&PS